Près de 78% de comoriens n’ont pas accès à l’eau potable de façon pérenne


Par , le dans Racine
Près de 78% de comoriens n’ont pas accès à l’eau potable de façon pérenne  Un grand nombre de comoriens n’a toujours pas accès à l’eau potable et d’une manière
pérenne. C’est le constat fait par l’Agence Française pour le Développement au cours d’une
conférence de presse. Un constat alarmant, à quelques semaines de la journée mondiale de l’eau.
Seuls 22,4% de la population comorienne a accès à l’eau potable, d’une « manière très limitée », à en croire
Daniel Lubeth. Le directeur de l’AFD aux Comores craint que l’objectif de faire accéder 50% de la population à
l’eau potable et de manière pérenne d’ici 2015 ne soit atteint. Ce dernier estime qu’il faudra à tout prix
« redresser la barre » et se demande « pourquoi il n’y a pas eu d’avancées significatives après des années de
travail » dans ce domaine et un budget conséquent de 22 millions d’euros, débloqué par l’agence pour faire
avancer ce secteur.
« La question de l’eau devait être un enjeu national », dit-il. « Un enjeu que les médias devront même
s’approprier pour inviter le débat sur plusieurs angles. La presse a un rôle pour pouvoir animer le débat », faitil
savoir. Le chalenge de l’AFD selon son directeur est de donner accès à l’eau potable de façon régulière à
70.000 personnes. « Il faut de l’espoir pour pouvoir avancer dans ce projet », lance-t-il. Et lui d’exposer la
vision de financement de l’agence, déclinée en quatre axes : appui sur les infrastructures, cadre sectoriel clair,
préservation des sources et le système de gouvernance.
C’est sur ce dernier axe que la mission de supervision des projets financés par l’AFD, conduite par Aymeric
Blanc, chef de projet division « Eau et Assainissement », a le plus insisté. Une mission qui a constaté une sorte
de démission, surtout sur le mode de gouvernance. Malgré les moyens mis en œuvre pour structurer le secteur
avec des comités villageois, il semblerait que la recette ne soit toujours pas la bonne, avec une
désorganisation criante surtout sur le système de recouvrement des coûts.
Ce chef de projet laisse penser que jusqu’alors, les comoriens n’ont pas intégré le fait que l’eau était facteur
de développement. « Il est nécessaire que les gens soit sensibilisés sur le payement de l’eau », déclare-t-il. Et
lui d’évoquer les différents modèles de gestion qui sont en expérimentation dans le pays parmi lesquels : des
comités de gestion dans les milieux ruraux, le partenariat public-privé en expérimentation à Jandro (Mohéli).
A entendre Robby Judes, ambassadeur de la République Française aux Comores, son pays est fortement
impliqué dans le secteur de l’eau. « 18 millions d’euros, ce n’est pas rien », lâche-t-il. « L’eau est aussi un
combat. Il reste à gagner le combat de la gouvernance, le combat de la gestion ». « Il faut faire en sorte que
le combat de l’eau propre soit une réussite », conclut-il.
Maoulida Mbaé