Fermeture de deux pharmacies par réquisition du procureur de la République


Par , le dans l'actualité comorienne
Fermeture de deux pharmacies par réquisition du procureur de la République A en croire Mirghane Mze Hamadi, inspecteur des pharmacies et laboratoires, 80% des pharmacies qui se trouvent aux Comores exercent illégalement. “Nous commençons avec la fermeture de celles-ci et demain vendredi (aujourd’hui, Ndlr) nous allons rencontrer l’Ordre national des pharmaciens pour le sensibiliser car nous devons travailler en symbiose”. L’inspecteur des pharmacies et laboratoires fait un clin d’œil aux pharmaciens indiquant que ce sont ces même pharmaciens, membre de l’ordre qui exercent illégalement. Donc ils n’ont qu’à se conformer.

Par réquisition du procureur de la République, en date du 30 janvier 2018, l’inspection générale de la santé a procédé hier à la fermeture de deux pharmacies en présence de la gendarmerie nationale.
Il s’agit de Dynapharm sise à Rive gauche et la pharmacie Itsandra située à Itsandra Mdjini.
Si les deux pharmacies sont fermées hier dans la matinée, les raisons de leurs fermetures divergent. Pour ce qui est de Dynapharm, cette pharmacie n’est pas à sa première fermeture.
Il s ‘agit de la seconde fermeture par le ministère de la Santé.
Et pour cette seconde fois, un courrier du 16 janvier signé par l’inspecteur général de la santé, le Dr Halidi Mvoulana, et adressé au gérant de Dynapharm, il est indiqué que “suite à une mission d’inspection réalisée le 25/12 2016 au niveau des établissements sanitaires et pharmaceutiques privés, il a été révélé que votre pharmacie est en infraction à l’article 403 du code de la santé”.
Le gérant de l’établissement avait jusqu’à fin janvier pour régulariser sa situation auprès de l’inspection générale de la santé, faute de quoi, l’inspection se trouvera dans l’obligation de procéder à la fermeture de l’établissement pour exercice illégale de la profession de pharmacien.
Mirghane Mze Hamadi, inspecteur des pharmacies et laboratoires au ministère de la Santé souligne qu’il s’agit de la suite d’un travail réalisé il y a un an.
Une inspection a été effectuée sur l’ensemble du territoire national dans le but de réglementer le secteur de la santé.
Suite à cette mission d’inspection, le rapport indique qu’il y a du désordre que ce soit dans les pharmacies, les laboratoires et même les cabinets et cliniques privées.
“Il s’agit de la seconde phase qui consiste à appliquer la loi” précise-t-il.
D’après lui, le code de la santé indique clairement que, pour pouvoir commander, stocker et commercialiser des médicaments il faut être pharmacien.
Et par la suite demander l’autorisation auprès du ministère de la Santé et ces deux conditions ne sont pas remplies par Dynapharm.

“Manipulation”

“Dynapharm n’a ni pharmacien ni autorisation. Ils exercent illégalement, nous leur avons écrit officiellement mais ils n’ont pas réagi, d’où la fermeture de l’établissement aujourd’hui”, dit-il.
Notons qu’un courrier pareil signé le même jour a été adressé au gérant de la pharmacie Itsandra, mais celui-ci serait en infraction à l’article 424 du code de la santé.
Selon Mirghane Mze Hamadi cette pharmacie est parmi les pharmacies qui exercent illégalement.
Selon lui, le code de la santé indique que le pharmacien titulaire d’une pharmacie doit être présent et en permanence dans la pharmacie.
Il poursuivra qu’il a été “accordé exceptionnellement au titulaire de la pharmacie d’Itsandra de s’absenter pendant un mois, le temps d’être remplacé par un autre pharmacien, dépassé ce mois, il doit être présent.
Or le titulaire de cette pharmacie n’est plus la depuis plus de deux ans et la pharmacie exerce avec un autre. Nous lui avons demandé de se conformer et il n’a pas réagi c’est pour cette raison que nous avons procédé à sa fermeture” avance Mirghane Mze Hamadi.
“Faux”, réplique le Dr Radjab Alhadhur, actuel gérant de la pharmacie Itsandra. Selon lui, après avoir reçu, le courrier de l’inspecteur général de la santé, il s‘est présenté à l’inspection générale et a remis les documents qu’il fallait au même Mirghane Mze Hamadi.
“Je ne comprends pas pourquoi on ferme la pharmacie alors qu’à la réception de la lettre j’ai déposé l’autorisation, le diplôme de titulaire est le mien, mon inscription à l’Ordre des pharmaciens, ainsi que le Pv indiquant que je suis l’actuel gérant de la pharmacie, la même semaine que nous avons reçu la lettre” dit-il.
Le Dr Radjab Alhadhur, dénonce “une manipulation faite par certains de ses collègues qui ne veulent pas laisser cette pharmacie exercer alors qu’elle est la seule pharmacie en conformité avec les textes”.
Il ajoutera que “même certains collègues en garde, nous demande de leur assister et rester tard le soir pour les besoins des patients, car nous disposons souvent des médicaments de première nécessité, contrairement aux autres pharmacies” avance le Dr Radjab.
Quant à la question de savoir pourquoi sa pharmacie n’assure jamais la garde, il répondra qu’elle n’a pas son siège à Moroni.

Abouhariat Saïd Abdallah