Azali a-t-il vendu les Comores à la société CIOA?


Par , le dans l'actualité comorienne
Azali a-t-il vendu les Comores à la société CIOA? Parfois il devient difficile de suivre la logique des autorités comoriennes. Après nous avoir répété sans cesse que la fonction publique est saturée, et que secteur privé est la seule solution pour résorber le chômage de masse qui frappe notre pays. Voilà que le gouvernement comorien prend une mesure qui risque de tuer à petit feu, une partie importante du secteur privé de notre pays.

En effet, la presse internationale a publié l'information selon laquelle Idaroussi Hamadi, Secrétaire Général du gouvernement, a donné mandat à une société étrangère du nom de CIOA, pour représenter l'Etat comorien et agir en son nom dans le but de créer une centrale d'achat nationale.

En clair, cela signifie que nous nous dirigeons vers un monopole d'Etat sur les importations. Ce marché est estimé à plus de 100 milliards de francs (200 millions d'euros). Les entrepreneurs comoriens qui importent des produits de premières nécessités risquent de mettre la clé sous la porte, avec les conséquences désastreux que cela risque d'engendrer pour l'économie nationale.

Le plus inquiétant c'est que lorsqu'on visite le site du groupe CIOA, on découvre que le gouvernement lui accorde la liberté d'agir dans la quasi totalité des secteurs économiques, alors qu'à la rubrique réalisations, cette société n'a rien de bien fameux a présenter à son actif. Notre pays a des citoyens capables de monter une centrale d'achat, alors pourquoi aller chercher une société européenne, comme si l'affaire Semlex n'avait pas servi de leçon.

Le président de Modec (Mouvement des entreprises comoriennes) Irchad Abdallah a publié un communiqué, exprimant son opposition a une telle mesure:

"À la lecture d'un document reçu en cette fin de journée au sujet d'un point essentiel auquel je me suis farouchement et fermement opposé lors de mon intervention à l'issue des plénières des Assises Nationales (AXE:2 Gouvernance Économique. Page 130. Point N°13).
Que voici:
"13. Créer un ou des consortiums pour la commande des produits de premières nécessités (en plus du riz et des produits pétroliers rajouter la viande, la farine, huile alimentaire, sucre, viande, sel, poulet) afin d’améliorer à la fois les prix à la consommation (afin de les rendre accessible au plus démunis) et la prévision des recettes fiscales "
J'apprends donc via un site d'informations de renom et spécialisé dans le traitement d'actualités économiques à travers le monde que M. IDAROUSSI HAMADI Secrétaire Général du Gouvernement a fait fi de nos réserves, nous le secteur privé, et, est passé outre, allant jusqu'à signer un contrat aux antipodes des réalités économiques et financières de notre pays et du monde actuel.
Nous nous y opposerons M. Le SGG car ce sont des décisions dépassées qui ont économiquement échoué partout dans le monde." Fin de citation.

Comme le rappelle le président du patronat comorien, cette mesure fait parti des propositions des Assises nationales. Il semble qu'en réalité cet événement n'était qu'une mascarade pour avaliser des décisions gouvernementales déjà prises en amont, puisqu'on applique les recommandations avant même qu'elles sont adoptées de manière formelle.

Comorya