Oui Sambi doit répondre devant la justice, mais pas en période préélectorale


Par , le dans l'actualité comorienne
Oui Sambi doit répondre devant la justice, mais pas en période préélectorale L'ancien président de la République, Ahmed Abdallah Sambi a effectué un retour spectaculaire au pays. Ses partisans lui ont réservé un accueil dont seul eux ont le secret aux Comores.

Sambi est le plus grand mobilisateur de foule de tout l'Archipel. Son aura, son éloquence ont un pouvoir indéniable sur les membres de son parti.

Aucun autre politicien comorien ne l'égale en matière de Show. Sambi est imbattable dans ce domaine.

Pour les observateurs politiques avisés, il n'y avait donc rien d'extraordinaire dans l'accueil qui lui a été réservé. Pour eux, il ne faut pas s'y méprendre. Cette capacité mobilisatrice de foule ne se traduit pas toujours en gain politique. Lors des deux dernières élections aux Comores, les meetings de Juwa au Stade Ajao n'avaient pas de rivaux.

Pourtant Fahmi Said Ibrahim est arrivé quatrième. Le parti n'a réussi a gagné aucune mairie à Ngazidja et seulement deux députés. Même si Juwa reste avec l'UPDC les deux plus grands partis comoriens.

Terriblement désappointé par ce retour en fanfare de son Némésis, son concurrent le plus redoutable, Le Chef de L'Etat Azali Assoumani fait tout pour neutraliser Sambi.

Dans cette course effrénée , le gouvernement risque de ternir et complètement saper les efforts et la crédibilité de la commission d'enquête parlementaire sur la citoyenneté économique.

En effet, à peine arrivé, Sambi a reçu une convocation de la gendarmerie l'invitant à se présenter à la brigade de recherche de Moroni, mardi 15 à 8 h du matin. Les bruits qui courent parlent d'une assignation à résidence.

Si c'est le cas, il s'agit là manifestement d'une grossière manipulation politique, visant a mettre hors circuit un adversaire en cette période préélectorale. Ce n'est ni digne d'une démocratie ni acceptable au regard de la justice.

Je suis parmi les personnes qui exigent régulièrement, sur mon blog Alcomorya.com, que les personnes impliquées dans le scandale des passeports, répondent de leurs actes devant la justice.

Sambi doit s'expliquer sur ces milliards qui se sont volatilisées, les relations troubles avec le sulfureux Kiwan et l'argent placé dans un paradis fiscal. Mais, en aucun cas, cela ne doit faire l'objet d'une exploitation politique du gouvernement.

La justice comorienne devrait laisser passer le référendum, attendre que le président ne fasse plus usage de pouvoirs exceptionnels, avant d'entamer toutes les mesures qu'elle juge nécessaire à la manifestation de la vérité sur cette affaire.

Autrement, l'opinion publique et la communauté internationale, n'y verra qu'une conspiration du gouvernement contre des opposants gênants.