Nous avons beaucoup fait en si peu de temps, se moque Mouigni Baraka


Par , le dans l'actualité comorienne
Nous avons beaucoup fait en si peu de temps, se moque Mouigni Baraka Palais de Mrodju. A l’occasion du nouvel an, le gouverneur de l’île autonome de Ngazidja MouigniBaraka Said Soilih s’est entretenu avec la presse pour non seulement adresser ses vœux à ses administrés, mais surtout faire le bilan de mandat.
Pendant plus d’une heure, le chef de l’exécutif insulaire a répondu aux questions d’Al-watwan, Ortc et Radio Ngazidja. Vous venez d’opérer, M. le gouverneur, un remaniement technique de votre gouvernement. Comment expliquez-vous cette décision ? Ne s’agit-il pas d’une stratégie électorale ?
S’il y a remaniement technique, c’est que le temps le permet. Mon gouvernement est composé de six membres dont trois commissaires et mon directeur de cabinet quise présentent aux élections. Tout le travail échoit alors à deux personnes et l’équipe de l’exécutif ne peut pas siéger. C’est dans ce contexte que nous avons choisi d’autres personnes, en concertation avec les sortants, pour continuer à travailler. Les nouveaux poursuivent le travail des sortants, il n’y a pas de rupture, c’est une continuité. J’espère que mes candidats vont gagner et si c’est le cas, leurs sièges seront à l’assemblée nationale, donc il était impératif de les remplacer.
L’exécutif de Ngazidja donne l’impression de manquer de présence et d’être un peu éclipsé par le pouvoir central. Est-ce une impression ?
Je ne crois pas que l’exécutif insulaire soit absent d’une manière ou d’une autre. Pour preuve, nous avons beaucoup avancé dans plusieurs domaines. Sur le plan éducatif, par exemple, nous avons enregistré pas mal de réalisations parmi lesquels la distribution des fournitures scolaires, la mise en place d’une mutuelle de santé pour les élèves de l’école primaire publique et maintenant la recherche de bourses pour nos bacheliers. Concernant la décentralisation, nous avons commencé la construction des hôtels de ville, et estimons que si on est là aujourd’hui à parler d’élections communales, c’est en partie grâce aux efforts inlassables de l’exécutif insulaire. L’exécutif a consenti des efforts notamment en matière de réhabilitation et d’aménagement des bâtiments. Le palais de Mrodju a été totalement réhabilité ; les Tp (Travaux publics) ont aujourd’hui un autre visage. Les bâtiments de ce département comprennent un service de construction des infrastructures, pour les différents projets que nous avons initiés. D’énormes efforts nous ont permis de rehausser le taux de couverture des impôts qui, à mon arrivée, oscillait entre 35 et 40%, alors qu’aujourd’hui nous recouvrons 90 à 96%.
Pourquoi avez-vous organisé un concours avec, à la clé, un salaire dérisoire, alors que de nombreux titulaires du Difosisont au chômage ? N’est-ce pas une mesure électoraliste? Pourquoi ne recrutez-vous pas uniquement les instituteurs auxquels vous êtes en mesure de payer le salaire normal ?
A mon arrivée au pouvoir, j’ai trouvé plus de 500 personnes, dont une majorité d’enseignants sans aucun statut. J’airégularisé presque toutes leurs situations sans faire de la politique. En 2012, il y a eu une grève initiée par le syndicat, en plus des demandes des instituteurs, et j’aifait appel à tous les titulaires de Difosi. En concertation avec le gouvernement de l’Union, nous avons recruté 109 instituteurs dans ce cadre. Après, vu les problèmes que connait le pays en matière économique, nous avons initié les recrutements par remplacement et à ce jour plus de 600 enseignants et instituteurs ont été recrutés. Aujourd’hui, la question de recrutement des enseignants et instituteurs est mis en cause, surtout qu’il y a d’autres secteurs comme la santé qui ne recrute pas. Selon certaines études, les écoles primaires de Ngazidja ont besoin de 260 instituteurs. Nous avons appelé les Difosi ayant enseigné pendant deux ans sans avoir perçu aucun salaire pour trouver une solution, sachant que dans le budget de Ngazidja il y avait un déficit de dix millions. Après maintes discussions nous leur avons proposé de recruter une cinquantaine ou une soixantaine, mais ils tiennent à être tous recrutés. Nous avons alors abouti à un consensus. Les recruter tous en les payant entre 40 et 60 mille francs. Chaque fois qu’il y aura un poste budgétaire vacant, ils seront prioritaires. La Fonction publique a commencé à élaborer les textes et les contrats individuels. Mais, lorsque nous voulions les mettre en application, ils ont rejeté toutes ces propositions. Ils demandent à être recrutés et être payés normalement, or nous ne sommes pas en mesure de satisfaire cette demande. D’où l’idée d’organiser le concours et de recruter ceux qui acceptent ces conditions. Et je suis ravi de constater que sur les deux cent personnes admis au concours, la majorité est issue de l’Ifere. Les affectations ont déjà commencé et nous leur avons facilité la tâche en affectant chaque instituteur dans sa région.
Où en sont les relations entre le Rdc et l’Updc ? Est-ce que les deux partis sont parvenus à un arrangement ou c’est toujours la guerre entre les deux formations ?
Je suis membre du Rdc, comme tant d’autres, mais les deux formations politiques soutiennent les gouvernements de l’île et de l’Union. S’il n’y a pas eu de consensus pour constituer des listes uniques, il n’y a pas pour autant de guerre entre les deux partis. Les discussions ne s’arrêtent pas là, car nous nous battons tous pour le bien du pays. Et que le meilleur gagne.
Pour la première fois, notre pays disposera de communes. Où allez-vous trouver le budget de ces communes ?
Depuis 40 ans, les gouvernements successifs ont cherché à mettre en place les communes sans succès. A mon entrée en fonction en tant que chef de l’exécutif, nos villes et villages disposaient de mairies, mais on ne faisait pas de différence entre maire et chef du village. Il n’y avait pas de réglementation. J’ai donc suivi l’initiative de mes prédécesseurs. La révision de la constitution en 2009 a établi 28 communes dans l’île de Ngazidja. Les assises de 2012 ont recommandé la mise en place des délégations spéciales censées organiser les élections communales. Maintenant il appartient aux maires de prendre leurs dispositions, voir ce qu’ils vont percevoir en matière d’impôts. De notre côté, nous avons formé les secrétaires généraux, quisont des employés de l’île mais affectés dans les communes. Nous avons formé aussi les percepteurs qui vont recouvrer les recettes. Nous avons jeté les bases. Les communes auront des recettes propres ; des subventions émaneront de l’Union, des îles et des dons. Cette année, quelque chose m’a touché, un travail préalable devait être effectué pour déterminer quel impôt elles vont percevoir, à quelle hauteur, mais entre l’exécutif de l’île et le ministère de l’Intérieur, il n’y a pas de cadre de concertation. Nous accusons un retard dans ce domaine. Je préconise une assise quirassemblera les communes, le gouvernorat et le ministère de l’Intérieur, dès l’élection des maires, pour voir les textes et définir ce quireste à faire.
Comment comptez-vous pérenniser les activités de l’octroi des fournitures scolaires et la mutuelle de santé ?
L’exécutif ne perçoit pas beaucoup de recettes propres, mais tant que la gestion est bonne, les deux activités continueront. Cette année, les fournitures ont accusé un retard et selon la convention signée entre le fournisseur et l’exécutif de l’île, nous allons percevoir un intérêt de retard vu que le fournisseur a dépassé la date convenue. Nous dépensons plus de 70 millions pour les fournitures et 60 millions pour la mutuelle de santé. Chaque année, le nombre d’élèves augmente.
Plus de trente cinq mille élèves sur quarante deux mille ont bénéficié des prestations de la mutuelle de santé et cinquante et un mille cas de maladies ont été traités. Nous déboursons en moyenne cinq millions par mois pour la mutuelle de santé. La question que nous nous posons, c’est la transparence dans la gestion des recettes de l’île.
Propos recueillis par Abouhariat Said Abdallah