Que vaut le travail d’un député ?


Par , le dans l'actualité comorienne
Que vaut le travail d’un député ? Après les scrutins du 25 janvier, deux autres scrutins attendent les Comoriens qui vont se rendre encore aux urnes le 22 février pour départager les candidats en ballotage aux législatives et pour élire les conseillers municipaux. Deux échéances importantes, donc. Nous nous posons encore et toujours la question de savoir ce que sera le jour d’après. Car pour l’instant, l’on a un peu de mal à cerner ce que sera la coloration de cette nouvelle législature.
Il ne nous suffit pas d’élire des députés. Encore faudrait-il qu’ils travaillent ; qu’ils aient surtout les moyens, tous les moyens, de travailler. Et que les gouvernants daignent accorder de l’importance et de l’intérêt à leur travail. Que vaut le travail d’un député si les lois qu’il vote ne sont pas promulguées ; et si elles le sont, pas appliquées.
Nos futurs députés sauront-il assurer le suivi de leur travail ? Sauront-ils, pourront-ils et voudront-ils contrôler l’action gouvernementale pour savoir si leur travail revêt un quelconque intérêt aux yeux des gouvernants et est utile à leurs électeurs ? Seront-ils capables d’infléchir le gouvernement pour qu’il réponde aux petites attentes des Comoriens qui ne demandent pas la lune mais juste une petite école pour leurs enfants, un petit hôpital pour leur santé, des salaires réguliers pour leurs fonctionnaires ? Rien que ça.
Leurs électeurs ne demandent même pas qu’on ramasse les ordures ménagères jonchant les rues et les marchés de Moroni. Ils ne demandent pas qu’on leur fournisse de l’électricité et de l’eau tous les jours. Ils ne demandent pas, non plus, un réseau de téléphonie fiable et abordable. Ils ne demandent même pas à leurs gouvernants de désamorcer cette bombe à retardement que nous appelons naïvement le chômage massif des jeunes. Ils ne demandent rien de tout cela.
Le parlement que nous allons mettre en place ne sera pas différent du sortant. Peut-être pas les mêmes têtes, si non très peu. Mais sûrement le même esprit, la même logique et les mêmes pratiques. La force du nouveau parlement se mesurera d’abord à sa capacité à se doter d’un bureau bien au fait des questions parlementaires. Elle se mesurera aussi à sa force à hisser au perchoir, non pas l’homme du président de la république mais celui capable d’incarner l’institution.
Tirant un enseignement du parlement sortant, il serait du plus grand intérêt que nos futurs députés sachent que le président du parlement – c’est constitutionnel – est élu pour la durée de la législature. Il n’est pas dit que les appétits des uns et des autres s’aiguisant, le fait de tenter de renverser le président ne puisse se répéter et que des députés désireux de se hisser au perchoir pour les privilèges liés au poste ne tentent le « pousse-toi-que-je-m’y-mette ». C’est du déjà vu.
M. Hassani