Législative : Parmi 5 femmes, une élue et une au second tour


Par , le dans l'actualité comorienne
Législative : Parmi 5 femmes, une élue et une au second tour Elles étaient en tout cinq femmes à se présenter à l’élection législative en cours en tant que titulaires (2 à Ngazidja et à Mwali et une à Ndzuani). Une seule a pu franchir le cap du premier tour. Ils’agit du maire de Mbadjini ya Itsahidi, Hadjira Oumuri,
candidate du partiRassemblement démocratique des Comores (Rdc). Une seule rescapée donc pour «sauver l’honneur» des Comoriennes au second tour !
Ilfaut dire qu’avec cinq candidates contre environ le double lors des dernières législatives quis’étaient soldées par zéro élue, les femmes ont enregistré un recul en termes de participation à ce genre d’élection. «Participer ne sert à rien si ce n’est pas pour gagner», disait un jour Mme Zahara Abdallah, candidate malheureuse aux législatives de 1996, expliquant que les moyens financiers empêchent les femmes d’aller aux élections.
L’argument est soutenable mais que dire de celles quisont portées par des formations politiques et qui bénéficient des mêmes moyens que leurs homologues du même parti
politique. L’histoire retient que même portée par un parti au pouvoir, la Comorienne n’arrive toujours pas à se faire élire. Pour preuve, la malheureuse expérience de l’actuelle ministre de l’Emploi lors des législatives de 2009. Mme Sitti Kassim, alors commissaire au Genre et à la Solidarité, représentait la mouvance présidentielle dans la circonscription de Msoutrouni-Moimbassa. Elle allait trébucher face à un certain Abdallah Said Sarouma dit Chabouhane sur qui elle vient de prendre sa revanche en mettant tout son poids pour le faire battre dès le premier tour par le candidat de l’Updc.
Quatre femmes sur cinq qui étaient en lice en tant que titulaires étaient portées par des formations politiques. A Ngazidja, Hadjira Oumouri et Amina Said Halidi défendaient respectivement les couleurs du Rdc et l’Alliance nationale des Comores (Anc), qui portait également l’unique candidature féminine au niveau de Ndzuani, à travers Mme Binti Salime. A Mwali, Mme Hidaya Salim défendait les couleurs du parti Udzima tandis que sa concurrente - elles bataillaient dans la même circonscription - Mme Zaharia Said, était candidate indépendante.
La liste était en revanche un peu plus étoffée pour les prétendantes aux fauteuils de conseillers dans les assemblées insulaires. Près d’une vingtaine dans l’ensemble des trois îles.
Une seule est élue. Ils’agit de Mme Zalhata Ali, candidate de l’exécutif de l’île de Ndzuani. «C’est un fiasco», lâche un militant des droits de l’homme à Mwali. Même situation qu’en 2009 lorsque à Mwali, la conseillère Mme Fatima Madi a été l’unique élue sur environ une dizaine de candidates dans l’ensemble des trois îles.
Dans l’histoire des Comores indépendantes, une seule femme a été élue aux législatives dans l’archipel. Deux femmes ont, cependant, pu siéger au parlement, une en tant que colistière et une autre grâce au système parlementaire qui permet à des conseillers d’accéder au parlement pour une durée d’un an.
La nouvelle commissaire au Genre et la Solidarité dit, en revanche, ne pas être surprise par ce résultat catastrophique pour les femmes. Elle ne croit pas que les candidates à l’élection des conseillers des îles s’étaient engagées par conviction. «Certaines avaient juste dit oui à des personnes qui les avaient sollicitées à la dernière minute pour compléter, explique-t-elle.
Elle estime, toutefois, que les femmes ont du mal à «assumer» leur candidature aux élections. «Ilse pose un problème de leadership politique, d’une part, et, d’autre part, l’électorat féminin ne joue pas le jeu. Leurs priorités sont ailleurs. Mais il y a aussi le fait que les hommes ne prennent pas nos candidatures très au sérieux», explique Mme Tahadhibati Kambi.
«Il y a deux aspects à prendre en compte dans cette situation : le problème de leadership politique féminin et la solidarité », souligne un militant des droits de l’Homme précisant que la candidate doit pouvoir mettre dans la balance «sa personnalité et l’appui politique nécessaire» pour prétendre gagner une élection.Il estime qu’«il y a, d’une part, le fait que les hommes en réalité ne sont pas prêts à partager le pouvoir avec les femmes, ce qui voudrait dire mettre tous les moyens qu’ilfaut pour les faire élire au parlement et dans les conseils des îles et, d’autre part, le fait que les femmes elles-mêmes jouent double jeu en accusant les hommes alors qu’en fait elles ne votent pas pour celles qui osent relever le défi en se portant candidates. C’est décourageant», déplore-t-il.
Face à un tel constat, il est temps que les femmes qui, on le sait, bataillent pour avoir une loisur la parité dans les sphères de décision, sachent se positionner et défendre le camp.
Saminya Bounou