la Radio Domoni Inter sanctionnée. Comores Télécom lui a résilié l’internet


Par , le dans l'actualité comorienne
 la Radio Domoni Inter sanctionnée. Comores Télécom lui a résilié l’internet A Anjouan, la Radio Domoni Inter, seule media dans l’île qui diffuse sur le web a été frappée ce vendredi 06 février d’une triste nouvelle. Depuis des semaines, la ligne téléphonique était en panne, mais au final on a compris que c’était un coup monté par la société pour couper les fils téléphoniques reliant la maison de la Radio à ne plus avoir la téléphonie.

« Je m’étonne de la gravité de cette sanction et soulève la question de la proportionnalité. Là ils sont rentrés à la mosquée avec les chaussures » (Papamwegne)

Par ailleurs, Domoni Inter n’a pas été informée de cette interruption, la seule information qui nous est parvenue « il vous reste 5000 Fc à payer (environ 10€;) pour le mois de janvier 2015, ensuite vous devez aller formuler une lettre de demande de ligne » nous martèle un responsable de Comores Télécom. Une autre demande de ligne pourquoi faire, alors que la radio est déjà client fidèle depuis 2006. Ce n’est pas la première fois qu’on vienne piétiner sur le tapi rouge de Domoni Inter.

A plusieurs reprises on a tenté la fermeture de la Radio, par les autorités et sans succès de leur part. On a compris que c’est par rapport à la ligne éditoriale de la station qui est indépendante et qui donne l’accès à tous les citoyens qui leur dérange. Domoni Inter est une Radio associative, media généraliste indépendante. Elle n'existe que depuis 2006, et elle a lourdement investi pour être présente à travers les Comores et dans le monde avec une programmation de qualité. Elle joue aussi le trait d’union des comoriens qui sont aux Comores et ceux qui sont à l’étranger par des émissions d’échanges et de développements.

Cette sanction tombe juste en cette période électorale et on craint que la résiliation de l’ADSL aurait un lien avec, car ça se pourrait qu’on a diffusé des émissions avec des candidats qui sont dans l’opposition, alors que la station a ouvert ses antennes à tous les partis que ça soit politique ou social. Ce n’est pas aussi un secret lorsqu'on a eu quelques agents de Comores Télécom pour leur exposer nos doléances afin de nous donner la cause exacte de la résiliation du contrat du téléphone car ce n’est pas une somme de 10 euros qui va enrichir la société. Ces agents nous ont rien caché, on a découvert que même leurs responsables leurs ont imposé de voter pour les candidats du pouvoir, et celui qui votera contre le pouvoir se verrait licencier de Comores Télécom.

C'est cette « période d’élection aux Comores » qui a « visiblement donné lieu à une mauvaise vision par Comores Télécom, la seule société de télécommunication aux Comores, dirigée par l’Etat. La sanction touche durement la radio, financièrement, car c’est une association qui n’a aucun budget de fonctionnement, mais pour faire tourner la radio, il faut attendre la saison des mariages pour diffuser la publicité et gagner un peu d’argent, sinon ce sont les membres de la radio qui cotisent de leur poche pour le bon fonctionnement (Payer l’électricité, la téléphonie, le site WEB, les déplacements pour recueillir les infos et la maintenance des équipements).

A rappeler que l'avenir même de la radio repose sur ses membres mais aussi à nos partenaires locaux et internationaux qui nous ont toujours apporter leur confiance en particulier RFI (Radio France internationale), la Radio des Nations Unies, et les associations de la diaspora comorienne à l’étranger… Dans la soirée du 6 février 2015, plusieurs auditeurs nous ont adressé des messages, « Bonsoir Directeur, je viens de voir que Comores Télécom vous a résilié l’internet, pourquoi tu ne m’as pas dit ? » ou encore cette auditrice depuis Paris « tu sais c’est la radio qui me fait oublier les soucis et si ça marche plus, ça va pas du tout. Là on me harcèle sur facebook jusqu’à me retirer. Pourquoi on veut me retirer aussi de la radio, Et là elle vient tout juste de s’arrêter. Elle marchait tout à l'heure et tout d'un coup je n’ai rien compris. Mais comme l'indique mon article, je reste à m’interroger sur la « proportionnalité » de la sanction « par rapport aux griefs qui nous sont tenus par Comores Télécom.

Par Soilah Naouir Papamwegne (Journaliste et Directeur de Radio Domoni Inter)