Affrontements de mardi dans le Hambu : Mitsoudjé livre sa version des faits


Par , le dans l'actualité comorienne
Affrontements de mardi dans le Hambu : Mitsoudjé livre sa version des faits Révélation des faits. Pour Mohamed Ali Mgomri, les images des évènements montrent bien que «la réaction des jeunes de Mitsudje est une réponse à la provocation de l’armée». Il estime, par ailleurs, que le ministère de l’Intérieur «a failli à sa mission, celle d’assurer la sécurité des hommes et des biens».
La cellule de crise, mise en place à Mitsudje aussitôt après les échauffourées de mardi entre les forces de l’ordre et des jeunes de cette ville, a tenu hier, mercredi, à faire le point sur «ce quis’est réellement passé» et à condamner ouvertement l’intervention musclée de l’armée nationale. Les conférenciers estiment que de nombreuses questions restent jusqu’icisans réponses, notamment les raisons de ce déploiement militaire alors que Mitsudje «avait dégagé tous les obstacles qui entravaient la circulation».
Selon Mohamed Ahmed, ce mardi-là, l’And n’avait constaté aucun barrage de nature à justifier une quelconque descente policière. «Les militaires ont traversé Mitsoudje
jusqu’à Trumbeni, un quartier situé à l’autre bout de la ville. Là-bas, ils ont fait des incursions dans certaines cabanes (Vala) et procédé à l’arrestation de quelques jeunes. Tout a commencé quand, à leur retour, on a cherché à comprendre les raisons de ces arrestations», raconte-t-il.
Ainsi, aux jets de pierres de certains jeunes en colère, l’armée aurait riposté en ouvrant le feu. Le bilan s’élèverait à huit blessés par balles dont quatre en état critique. «Certes, l’excitation des jeunes les a conduits à commettre des actes répréhensibles comme le saccage des locaux de la brigade de la gendarmerie et l’incendie du véhicule de fonction du procureur de la République. Mais n’ont-ils pas été poussés à bout par ces militaires lorsqu’ils ont vu les corps de leurs frères criblés de balles et allongés à même le sol?» Se demandent les animateurs de la cellule de crise.
Pour Mohamed Ali Mgomri, les images des évènements montrent bien que «la réaction des jeunes de Mitsudje est une réponse à la provocation de l’armée». Il estime, par ailleurs, que le ministère de l’Intérieur «a failli à sa mission, celle d’assurer la sécurité des hommes et des biens».
«Les balles utilisées le mardi ne sont pas celles que l’on utilise généralement en cas de maintien de l’ordre, mais bien lors d’une guerre», a ajouté Mgomri, citant l’avis d’un «expert». Et de se demander ce que les militaires étaient allés chercher à Trumbeni. Mohamed Ahmed a dit avoir la réponse à cette dernière interrogation. «La nuit du lundi, l’armée disposait dans son véhicule d’un bidon de 70 litres de Trembo (boisson locale fermentée à base de sève de coco, Ndlr). Le bidon a été soustrait frauduleusement par des jeunes. Au départ, ils ne se sont aperçus de rien. Puis, ils sont retournés chercher leur produit, en vain. Alors, ce mardi, ils sont revenus se venger», a-t-il affirmé.
Pour lui, cette descente de l’armée nationale à Mitsudje n’aurait rien à voir avec l’opération «Ile morte», ils’agirait juste d’une «histoire de Trembo volé».
A en croire Mohamed Ali Mgomri, la cellule de crise entend assister les jeunes blessés, actuellement à l’hôpital. La communauté de Mitsudje et sa diaspora auraient pris toutes les dispositions pour l’évacuation des cas les plus graves. «Nous appelons les jeunes, les vieux et les malades à rester calmes, malgré les menaces. Nous préparons une plainte en espérant que d’ici peu, nous trouverons des réponses aux questions que nous nous posons», a-t-il conclu.
Abouhariat Said Abdallah