Une étude révèle que près de 90% des Comoriens ne croient pas à la justice de leur pays.


Par , le dans l'actualité comorienne
Une étude révèle que près de 90% des Comoriens ne croient pas à la justice de leur pays. La culture, selon les esprits éclairés, c’est ce qui reste après avoir tout oublié. Vrai ou faux, le propos relève de la sagesse.
Autant il en est ainsi de la culture, autant ce ne serait une vue de l’esprit de croire que, sur une toute autre échelle, l’armée est le dernier rempart pour un pays, un peuple, une nation quand le reste, tout le reste, va à vau-l’eau.
Dans une étude en cours, un confrère m’a confié la semaine dernière que les premiers éléments de son étude révèlent que près de 90% des Comoriens ne croient pas à la justice de leur pays. En serait-il ainsi vis-à-vis de leur armée ? Ce devrait faire l’objet d’une autre étude qui aurait toute son importance.
Mais pourquoi, diable, évoquer l’armée dans cette histoire de culture et de justice ? Pour une raison simple : pour jeter un parallèle entre croire en la justice de son pays et croire en l’armée de son pays. L’armée, ce nécessaire rempart de la nation quand les autres institutions de la république n’inspirent plus confiance.
Mardi 10 février, des éléments de l’armée ont fait une incursion à Mitsoudjé, incursion dont le bilan n’est pas glorieux à l’endroit de la grande muette ou, en tout cas, des hommes en treillis qui ont fait partie de l’expédition et de ceux (ou celui) qui leur ont (a) donné l’ordre.
Pendant et après cette expédition, beaucoup de choses ont été dites. Mais peu après aussi, l’état major de l’armée a publié un communiqué assez laconique mais qui a paru tout de même avoir donné tort au fait. L’état major a exprimé sa sympathie avec les victimes et annoncé l’ouverture d’une enquête de commandement qui
n’exclut pas une enquête judiciaire.
Dommage que le parquet n’ait pas jugé nécessaire de diligenter, lui aussi, une enquête. Chez nous, on a l’habitude d’entendre les autorités compétentes, dans des circonstances pareilles à celles de Mitsoudjé la semaine dernière, ouvrir des enquêtes mais personne n’a jamais su l’issue. D’où peut-être cette méfiance des citoyens vis-à-vis de leur justice.
Pour cette fois, quand c’est la grande muette qui l’annonce, personne, moi y compris, n’a le droit de douter.
Les résultats de l’enquête annoncée par l’AND dans son communiqué seront publiés, les responsabilités établies et les causes de la fusillade connues. Et s’il y a faute, les auteurs seront sanctionnés.
Ainsi, les Comoriens feront-ils confiance à leur armée. Chacun dormira tranquille partout où il sera. Le contribuable comorien saura pourquoi il entretient une armée. Le petit centime de franc qu’il donne pour son armée aura alors tout son sens.
Mohamed Hassani