Les transporteurs en commun entament une grève illimitée depuis hier


Par , le dans l'actualité comorienne
Les transporteurs en commun entament une grève illimitée depuis hier Le moins que l’on puisse dire, est que beaucoup d’usagers de la route ont été surpris par le débrayage. Certains n’en étaient pas au courant, tandis que d’autres ne l’avaient tout simplement pas pris au sérieux. Les bureaux administratifs étaient presque vides à Moroni.
La circulation des personnes et des biens a été fortement réduite, lundi sur l’ensemble de Ngazidja, suite au mouvement de grève illimitée entamé depuis hier par le syndicat des transporteurs Usukani wa masiwa. Seuls les véhicules des particuliers non affectés au transport en commun, ou de l’administration et des sociétés circulaient dans Moroni ou de Moroni vers les régions de l’île et vice-versa.
A en croire le porte-parole du syndicat, «le mot d’ordre est respecté par tous nos collègues car tout le monde a compris que notre cause est défendable. Chacun de nous a compris qu’on ne fait pas la grève pour les intérêts d’un tel ou tel, mais on le fait pour l’intérêt de tous». Said M’madi Mlanao alias Douni a ajouté que «cette grève est illimitée».
Selon lui, la revendication syndicale porte sur la réfection des routes, particulièrement de la Rn2 (Route nationale n°2) menant de Mde à Mbadjini et celle de Dimani, mais aussi sur la suspension de la vignette 2015. «Sans cela, la grève continue», a-t-il martelé. Le syndicaliste a averti que des sanctions sont prévues contre tout conducteur de taxi qui tentera de briser la grève.
Le porte-parole de l’organisation syndicale a expliqué que les conducteurs de taxis refusent de s’acquitter de cette taxe de la vignette pour dénoncer les promesses non tenues au sujet de la réhabilitation des routes. Usukani wa massiwa évoque une convention, signée l’année dernière pour la réfection des routes secondaires autour du marché Volovolo, les axes Uziwani-Ifundihe-sha-djuwu et Mitsamihuli-Wela-ya-Mitsamihuli, qui est restée lettre morte. «Rien n’a été fait, par contre on continue de nous tourner en bourrique en nous disant que l’argent de la vignette a été volé au service des impôts, que l’argent a été affecté dans le cahier de charges et patati et patata…», tonna-t-il.
Pendant ce temps, le ministère de l’Intérieur a multiplié les efforts pour dénouer la crise. Il a ordonné la suspension de la verbalisation des véhicules qui n’ont pas encore payé la vignette. «Il est ordonné à tous les agents de la sécurité publique (Police nationale et Gendarmerie nationale) d’interrompre, jusqu’à nouvel ordre, les opérations de verbalisation des véhicules ne s’étant pas acquitté de la vignette 2015», enjoint l’autorité signataire de la note. Pour Usukani wa masiwa, ils’agit d’une «sage» décision mais pas assez pour permettre de suspendre le mot d’ordre de grève.
Le moins que l’on puisse dire, est que beaucoup d’usagers de la route ont été surpris par le débrayage. Certains n’en étaient pas au courant, tandis que d’autres ne l’avaient tout simplement pas pris au sérieux. Les bureaux administratifs étaient presque vides à Moroni. Au commissariat à l’Education de Ngazidja, le nombre des agents présents dans la matinée d’hier ne dépassait pas la dizaine. «La plupart de gens qui travaillent ici ne sont pas venus à cause des taxis, tout le monde n’a pas de voiture. Je pense que les autorités compétentes se mobiliseront pour trouver rapidement les solutions adéquates à ce problème sinon demain (aujourd’hui, Ndlr) ce sera beaucoup plus difficile», disait Hamada Mohamed, un employé de l’Oec (office des examens des Comores).
Au marché de Volo-volo, les effets de la grève étaient très visibles. «On a acheté ces produits hier car on savait qu’aujourd’hui, il y aurait une grève», disait Hadidja Mohamed vendeuse de patates et de taros. Nasser Ali Saïd, vendeur de tomates a avoué que le prix d’un kilo de tomate, qui s’achetait à 800 francs avant-hier, a légèrement augmenté. «On le vend maintenant à 1.000 francs», disait-il.
Un autre groupe de vendeuses se plaignait en disant qu’elles n’ont rien vendu. «Ilfaut savoir que la plupart de nos clients ne sont pas de Moroni, mais des gens qui viennent
travailler ici et qui achètent en sortant de leur travail», a confié une de ces vendeuses qui reconnait que le prix va toujours varier selon la durée de la grève.
Nassila Ben Ali