Rien ne m’empêche d’être candidat en 2016


Par , le dans l'actualité comorienne
Rien ne m’empêche d’être candidat en 2016 Peut-il être candidat en 2016 alors qu’il a été déjà élu deux fois ? Comment perçoit-il la rupture Updc-Rdc ? Quelle est sa position sur le débat autour de la participation des chefs de village aux Conseils communaux ? Et les perspectives de développement de l’île avec la construction d’un nouveau port ? A toutes ces questions, le gouverneur de l’île, Mohamed Ali Said, a accepté de répondre.

Vous êtes à une année de la fin de votre mandat. Les Mohéliens se plaignent toujours de la cherté du coût de la vie, d’un système de santé défaillant, d’un enseignement à deux vitesses,…Sont-ils ingrats ou reconnaissez-vous que rien n’a été fait sur ces trois principaux secteurs ?
Les choses avancent par rapport aux moyens dont nous disposons. Il est évident que chacun aimerait voir sa situation personnelle s’améliorer nettement du jour au lendemain.
Celui qui perçoit un salaire de 100.000 fc souhaiterait toucher 150.000 fc, voire plus. Mais, le développement se fait par étapes et selon les moyens dont dispose l’île.
Des rumeurs vous prêtent l’intention de vous porter candidat à votre propre succession. Certains estiment qu’ayant fait deux mandats, vous ne pourriez pas briguer un troisième.

Que répondez-vous aux tenants de cette thèse ?
D’abord, je confirme ici ma candidature aux élections des gouverneurs de 2016. Au sujet du nombre de mandats, je rappelle que j’ai été élu en tant que président de l’île
autonome de Mwali pour un mandat de cinq ans. Du fait de la modification de la Constitution, nous n’avons pas pu aller jusqu’au terme de ce mandat. On a procédé à de nouvelles élections, avec de nouvelles appellations : le président est devenu gouverneur, les ministres sont devenus des commissaires,…J’ai prêté serment en qualité de gouverneur pour un premier mandat. La Cour constitutionnelle m’a officiellement signifié que mon mandat était renouvelable une fois. Ils m’ont écrit à cet effet. Personne ne peut dire que j’ai été élu deux fois gouverneur. Personne.

On dit que vos relations avec le chef de l’Etat se sont détériorées ces derniers temps après avoir appris que Mme Ikililou Dhoinine pourrait être candidate à l’élection du gouverneur de Mwali. Qu’en-est-il exactement ? Et comment réagissez-vous à cette probable candidature ?
Je ne crois pas que Mme Ikililou Dhoinine souhaite être candidate en 2016. Ce ne sont que des rumeurs. Le souci du président Ikililou Dhoinine, c’est de finir son mandat en
toute tranquillité et se reposer. En ce qui concerne mes rapports avec le chef de l’Etat, ils sont bons. C’est plutôt son entourage qui ne me porte pas dans son cœur. Il est vrai qu’il nous arrive d’avoir des désaccords mineurs, comme dans un couple. Mais, nos relations sont excellentes.

Avez-vous été surpris par l’alliance entre le RDC de MouigniBaraka et le partiJuwa de l’ex-président Sambi ? Pensez-vous que ce soit une trahison du gouverneur de
Ngazidja envers le président de la République ?

D’abord, qu’est-ce quis’est passé ? Nous avons un parti, l’Updc. Nous avons dès le départ souhaité maintenir des rapports amicaux avec le Rdc (Rassemblement démocratique des Comores). Nous étions même prêts à présenter des candidatures uniques, à nous soutenir mutuellement au second tour,… Le Rdc a refusé. Conséquence : sur ses sept candidats admis au second tour, MouigniBaraka n’en a gagné que deux. Bien sûr, il est frustré, déçu,… Nous aurions dû nous y prendre autrement dans les négociations avec lui. Je pense que Juwa lui a présenté une meilleure offre que l’Updc et il a marché. Nous avons poussé MouigniBaraka à rompre. Or, en cette fin de mandat, le mieux aurait été de se retrouver pour que tout se passe bien et que les Comoriens gardent de nous cette image d’unité.

On dit que vous avez tenté de jouer les bons offices entre Ikililou Dhoinine et MouigniBaraka,…
Entre les deux, il n’y a aucun problème. Ce sont leurs entourages respectifs qui s’empoignent. La participation des chefs de village aux Conseils communaux fait l’objet de controverses ici et là. A Fomboni, l’élection du maire a connu une vive agitation.
Comprenez-vous ceux quis’opposent au vote des chefs de village du fait qu’ils ne sont pas élus ?
Il y a des institutions dans notre pays, notamment une assemblée nationale dont la mission est d’élaborer des lois. Suivant nos us et coutumes, on a accordé aux chefs de village le plein droit au Conseil communal. La loi est claire ; elle leur permet de participer au vote des maires. Ceux qui ont élaboré et adopté ce texte ne sont pas les mieux placés pour contester son application. On va jusqu’à dire que j’ai été à l’origine de cette loi. Ce sont les mêmes députés qui l’ont votée hier qui émettent les critiques les plus virulentes contre elle. C’est absurde.

Bientôt, les travaux de construction du port de Mwali vont débuter. Comment entendez-vous exploiter cette infrastructure pour le développement de l’île ?
Mon rapprochement avec le président de la République repose sur la réalisation de trois principaux projets : le port de Mwali, une nouvelle aérogare et la construction d’un dépôt pour les hydrocarbures. Les deux projets sont en cours, reste maintenant le port dont les travaux vont officiellement démarrer au mois de mai prochain. Je tiens donc à remercier le chef de l’Etat pour ses efforts en vue de désenclaver l’île. Même s’il ne sera pas aux manettes quand le chantier sera terminé, au moins, il en a été à l’origine. Ce port va servir d’un vrai coup de pouce à l’économie locale et permettra une meilleure circulation des biens et des hommes.

Qui soutiendrez-vous aux présidentielles de 2016?
J’appartiens à un parti, l’Updc. Le moment venu, il choisira ses candidats aussi bien à la présidentielle qu’aux élections des gouverneurs des îles et aux postes de vice-présidents.
J’entends me ranger derrière les choix du parti. Et j’espère qu’on en sortira vainqueur.

Mohamed Inoussa