Salaires 2008: L'amer constat
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A moins d'un appui budgétaire conséquent, les six mois d'arriérés de l'année 2008 risquent fort d'être placés dans la dette intérieure et les domiciliations de salaires de se transformer en opération à perte pour la banque de la poste.L'écart de six mois d'arriérés des salaires ne se réduit pas. Au mieux il se maintient depuis le début de l'année 2008. Pour cette seule année, les agents ont reçu un seul salaire. Les salaires des tous les fonctionnaires sont pourtant domiciliés à la banque de la poste pour sécuriser les versements et faciliter le mode de paiement. L'expérience des versements réguliers, pourtant perçu comme le signe de la bonne santé financière n'aura pas duré un an.
A la poste, les facilités de découvert accordées aux agents de l'Etat, basées sur la confiance des versements réguliers des salaires viennent d'être abandonnées. Les découverts accordés jusqu'ici ne sont plus couverts en temps opportun, pénalisant et la banque de la poste mais aussi le client qui paie à chaque fin de mois des agios sur le retard de paiement, sur un salaire de misère.
Le président ne s'est pas trompé
Mais pourquoi avons-nous renoué avec des impayés alors que la confiance retrouvée des partenaires, reposait sur cet indice? Le président Sambi ne s'est pas trompé en engageant, dès les premiers jours, la bataille des salaires. Il avait alors déclaré : ''nous avons hérité d'une situation financière dégradée marquée par l'accumulation des arriérés des salaires des agents de l'Etat. Les mesures d'assainissement des finances publiques ont permis au gouvernement, depuis le mois de septembre 2006, de mettre en place un mécanisme de sécurisation des salaires grâce auquel les agents de l'Etat perçoivent leurs salaires régulièrement à la fin du mois''.
Dans son bilan provisoire des six premiers mois, le gouvernement avait noté ''la participation d'Anjouan dans la sécurisation des recettes et la sécurisation des salaires'' comme étant l'un des signes du retour d'Anjouan à la normalité. Il s'agissait du résultat d'âpres négociations conduites par le précédent ministre des Finances, Hassani Hamadi. Des signaux qui ont permis au pays de renouer avec la confiance. La France accorde un appui budgétaire de 750 millions de francs comoriens, un engagement pris lors de la Conférence de Maurice qui a précédé la signature du Document cadre de partenariat de plus de 43 milliards de francs comoriens couvrant la période 2006 - 2010. Dans la foulée, les Comores ont signé avec la Chine un accord portant sur un don de 30 millions de Yuans correspondant à 1,5 milliard de francs comoriens, consacré aux secteurs de l'eau et l'électricité. La Chine accorde aussi, durant la même période, l'ouverture d'une ligne de crédit de 12 milliards de francs comoriens destinés au branchement des Comores sur le câble de fibre optique sous marin, passant dans le canal de Mozambique. L'Union Européenne, décide d'apporter un appui de 1,9 milliards de francs pour le paiement d'arriérés de salaire des agents du secteur éducatif. En contrepartie, elle demandait au pays de fournir les donnés sur la réalité de la masse salariale. Près de 18 milliards de nos francs seront mobilisés dans le cadre du dixième Fed pour couvrir la période 2008-2013.
La Banque mondiale, accorde un don de deux milliards de francs comoriens dans le cadre du Fadc et le système des Nations unies apporte un appui, dans le cadre de ses programmes, de l'ordre de 4 milliards de nos francs pour les années 2007 et 2008.
Deux ans après la mise en place du système de sécurisation des salaires, le président Sambi, indexe, dans un discours, ''l'inefficacité'' de la fonction publique et relève ''des dysfonctionnements'' de l'administration publique : ''Sur les 20 milliards de recettes perçues par l'Etat en 2007, 15 milliards ont été destinés à honorer les salaires des fonctionnaires'', avait-il indiqué.
L'engagement de réduire la masse salariale
En renouant avec ces retards de paiement de salaires, ne risque-t-on pas de geler l'enthousiasme de nos partenaires?
Ces retards de paiement semblent être le résultat de deux écueils. La masse salariale, dépassant le 1,5 milliard bouffent plus de 70% du budget de l'Etat. Les exécutifs, mesurant le paradoxe, ont pris l'engagement de réduire la masse salariale à un niveau acceptable pour assurer la régularité des paiements. C'est plutôt l'inverse qui s'est produit. Les superstructures recrutent presque tous les jours, sur des salaires dépassant le plus souvent les 300.000 francs comoriens.
Deuxième écueil. Les dépenses publiques augmentent sensiblement pendant que les prévisions des recettes sont en dessous des recouvrements effectués.
A moins d'un appui budgétaire conséquent, les six mois d'arriérés de l'année 2008 risquent fort d'être placés dans la dette intérieure et les domiciliations de salaires de se transformer en opération à perte pour la banque de la poste.
Ahmed Ali Amir
Al-watwan N° 1106 du 3 juillet 2008
actu-com
Le: 04/07/08

