rentrée dans le secondaire,grève dans le primaire
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Les élèves des collèges et lycées ont repris timidement le chemin des classes le 9 octobre. Ceux du primaire ont moins de chance. Le syndicat des instituteurs comoriens vient, en effet, de déclencher un mouvement de grève. Au ministère de l’Education de Ngazidja, les préparatifs de la rentrée ne sont pas totalement bouclés. Une véritable course contre la montre est engagée.
Si la rentrée scolaire a effectivement eu lieu à la date prévue, le 9 octobre, les cours n’ont toujours pas commencé dans le secondaire et pour cause : au ministère de l’Education de Ngazidja, il reste encore des détails à régler pour utiliser un doux euphémisme. « Il y avait jusqu’ici des problèmes au niveau des affectations des enseignants et des transferts inter-établissements. Mais, nous venons de boucler les derniers préparatifs » nous a rassuré hier, mardi 21 octobre, le secrétaire général du ministère, M. Omar Abdoulfatah.
Le syndicat des professeurs de Ngazidja pointe justement cette « impréparation de la rentrée ». Pour Chabane Mohamed, l’indéboulonnable patron de l’organisation, il ne fallait surtout pas fixer une date si les conditions premières d’une reprise effective des cours n’étaient pas réunies. « Ni matériellement, ni techniquement, ni pédagogiquement, le ministère n’a préparé cette rentrée des classes » accuse-t-il.
Selon lui, le fait que le syndicat a choisi cette année de ne pas faire grève met à nu l’impuissance du gouvernement à organiser une rentrée scolaire digne de ce nom. « Nous avons longtemps servi de prétexte idéal pour cacher les insuffisances du ministère » a-t-il dit.
Pour Chabane Mohamed, si les autorités de l’île peinent toujours à réussir l’organisation de la rentrée, le syndicat se fera le devoir d’aller demander des « explications » au ministère de l’Education, en mobilisant lycéens, collégiens et parents d’élèves.
Au niveau du primaire, les choses sont autrement plus compliquées. En effet, les instituteurs de Ngazidja viennent d’entrer en grève pour réclamer le paiement de leurs arriérés de salaires, notamment les deux mois dont l’Union Européenne s’est précédemment engagé à assurer le versement, mais aussi la valorisation de leur grille indiciaire. Les négociations entreprises entre le syndicat d’une part, et le ministère de la Fonction publique d’autre part, n’ont jusqu’ici pas permis de parvenir à un compromis.
Au ministère de l’Education, on craint fort une carence d’enseignants une fois que la rentrée sera effective. C’est en tout cas le sentiment du secrétaire général, M. Abdoulfatah. « Le risque est surtout grand au niveau des disciplines scientifiques comme les Mathématiques » nous a-t-il dit.
Si, pour une fois, le syndicat des professeurs a décidé de mettre sous le boisseau ses revendications salariales pour effectuer la rentrée, il n’en accuse pas moins le ministère des Finances de Ngazidja « d’exécuter un plan de trésorerie qui lèse particulièrement les enseignants ». M. Chabane Mohamed envisage même de saisir les autorités nationales à cette fin. Si l’argentier de l’Union consent à accéder la demande du syndicat comme il se dit disposé à le faire, les salaires des professeurs ne transiteraient pas par le compte de Ngazidja, mais leur seront directement versés. Le syndicat croise les doigts.
Source: Al-watwan
actu-com
Le: 22/10/08

