Deba d'Hamjago
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Mayotte envoie ses élues aux OrientalesSur la soixantaine de jeunes filles et de femmes qui composent le groupe de chant Deba d'Hamjago, un village de Mayotte, une trentaine se produisent au festival Les Orientales, à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire). : Ouest-France
Les choeurs féminins Deba sont une spécificité de l'île de l'océan Indien. Pour envoyer leur meilleur groupe à Saint-Florent-le-Vieil, les Mahorais ont voté.
Les femmes du village d'Hamjago répètent dans le jardin du gîte des bords de Loire où elles sont hébergées. Le choeur féminin se met à chanter, en arabe : éloges du Prophète, louanges à Dieu, enseignements spirituels... Soutenues par quelques percussions simples, les choristes ondulent lentement, dans une démonstration de féminité rayonnante qui plonge ses racines au coeur de l'islam. Le Deba, c'est ça : une bizarrerie culturelle ; un « détournement » féminin d'une tradition d'un mysticisme musulman, le soufisme ; une spécificité de Mayotte qui ne s'est quasiment jamais exportée en métropole.
D'où l'importance que les autorités mahoraises donnent à la venue du groupe qui se produira, demain, au festival Les Orientales de Saint-Florent-le-Vieil, dans le Maine-et-Loire : les femmes d'Hamjago sont les gagnantes d'une sélection opérée par le conseil général de Mayotte avec la télévision d'Outre-mer (RFO) et une participation du public à faire rêver les producteurs de Star Academy : 40 000 votes, par SMS, pour une population d'à peine plus de 180 000 habitants !
Un engouement à la hauteur du phénomène dans cette île des Comores, proche de Madagascar. « À Mayotte, il n'y a pas plus populaire que le Deba ! Chaque village a deux ou trois groupes de 60 ou 70 femmes. Quand Les Orientales nous ont contactés, on a pensé que faire voter les gens était le meilleur moyen pour faire notre choix », explique Abdel Karim Ben Saïd.
L'espoir que d'autres festivals s'y intéressent
Employé à la direction des Affaires culturelles du conseil général de Mayotte, « Ben » était au comité de sélection : « On a visionné les archives de RFO (qui, en période de Ramadan, diffuse dix minutes quotidiennes de Deba). Sur une centaine de groupes, on en a retenu six pour la finale qui a eu lieu en janvier. » Depuis lors, il s'est mué en coach : « On a préparé les finalistes à se produire sur scène, avec l'espoir que, après Les Orientales, d'autres festivals s'intéressent au Deba. »
Jusqu'ici, les seuls groupes de Deba qui se sont produits en métropole étaient invités par les communautés de Mahorais vivant à Paris, Lyon ou Marseille. Et si le Deba est mal connu, c'est parce que c'est une invention récente : « Dans les années 1960, un foundi (maître) coranique venu de l'île voisine d'Anjouan a donné un enseignement de chant soufi devant un public mixte. Les femmes ont repris, en dansant, des chants qui étaient chantés par les hommes dans un contexte purement religieux. » Elles ont fait exploser le genre : « Maintenant, on le chante à n'importe quelle occasion. Ça ne m'étonnerait pas qu'il y ait du Deba pour célébrer le 14 juillet... »
source: ouest-france
actu-com
Le: 27/06/08


