(AFP) – MORONI — Les Comoriens ont voté dimanche dans le calme pour le second tour des législatives après des appels de l'opposition à plus de fermeté de la commission électorale face aux éventuelles fraudes.
Les bureaux de vote ont fermé à 18h00 locales (15h00 GMT).
L'affluence n'était pas au rendez-vous dans plusieurs bureaux autour de la capitale.
"Il y a eu quelques petits retards au début mais les opérations se sont déroulées convenablement. Le vote a été généralement correct", a déclaré à l'AFP, le chef des observateurs, l'ancien ministre des Affaires étrangères de l'île Maurice, Anil Gayan.
"Ce qui m'inquiète un peu c'est le taux d'abstention", a relevé M. Gayan qui n'a pas souhaité donner de chiffre. "Si cela se confirme, il faudra trouver les raisons de cette abstention", a-t-il ajouté.
Dans un bureau de Mitsamiouli, une ville du nord de la Grande Comore dans le district de Mtsongole, les opérations ont été suspendues pendant une heure suite à des soupçons de fraude. Les forces de sécurité ont ensuite coordonné le vote, a rapporté un journaliste local.
Les deux candidats à la députation à Mitsamiouli sont originaires de Mtsongolé et le climat y était très tendu, a ajouté le journaliste local.
A l'issue du second tour, le parti présidentiel se présentait comme favori après avoir remporté facilement deux sièges sur 33 en lice, dès le premier tour le 6 décembre.
Le ministre en charge des élections, Ahmed Hassane El Barwane, a qualifié le vote de "scrutin exemplaire".
Le chef de file de l'opposition, Houmed Msaidié, a appelé samedi la commission électorale à s'opposer aux "actes de fraude dans les opérations de vote" dans cet archipel de l'Océan indien.
M. Msaidié, chef de la convention pour le renouveau des Comores, avait ajouté lors d'une conférence de presse que cette vigilance était indispensable pour ne "pas plonger le pays dans l?instabilité et le désordre".
Il a estimé que sa formation "est toujours dans la course avec six candidats encore en lice en Grande Comore, quatre à Mohéli et deux à Anjouan", les îles qui constituent l'archipel des Comores.
Près de 360.000 électeurs étaient appelés à choisir leurs 33 représentants pour cinq ans parmi 144 candidats.
Neuf autres députés seront désignés par le Conseil de chaque île de l'archipel, à raison de trois députés par île.
"Les résultats des urnes permettront de voir clairement la nouvelle reconfiguration politique du pays", a-t-il estimé.
Si le parti de M. Sambi obtient la majorité, son mandat, qui expire l'année prochaine, pourrait être prolongé d'un an.
Un amendement à la Constitution, adopté en mai, permet d'allonger le mandat du président fédéral des Comores de quatre à cinq ans et prévoit une réduction des pouvoirs des présidents des trois îles pour en faire des gouverneurs.
Mais l'opposition soutient que cette disposition ne peut s'appliquer au président en exercice.
L'actuel président, Ahmed Abdallah Sambi, un Anjouanais de 51 ans, islamiste modéré, a été élu en 2006 lors du premier transfert pacifique du pouvoir dans un pays qui a connu 19 coups d'Etat depuis son indépendance de la France en 1975. Une île de l'archipel, Mayotte, est restée française par décision référendaire.
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