La vague Baobab a balayé dans son passage l’opposition nationale. A moins d'un revirement de dernière minute, seul l’avocat Ibrahim Ali Mzimba a pu sortir son épingle du jeu à Ngazidja. Mais, la prudence doit être de mise. Et pour cause : donné favori dans les sondages et élu au second tour selon les premières tendances sorties des urnes après croisement des résultats, le candidat de la 15ème circonscription (Anjouan), Mohamed Djaffar, doit encore batailler ferme, des rumeurs ont commencé à accorder un net avantage à son adversaire. L’opposition peut se consoler de ses trois députés admis à Mohéli. Tout compte fait, la mouvance présidentielle détient une confortable majorité à l’assemblée nationale.
Au vu de ces résultats, l’on a envie de se demander si le peuple a toujours raison. Et c’est là, vous conviendrez avec moi, la principale faille du système démocratique. Ces performances électorales du pouvoir ne signifient pas, loin s’en faut, que le bilan du président Sambi a plaidé pour lui. L’on sait dans quelles conditions ce scrutin s’est tenu : un niveau de vie qui s’est effondré, près de dix mois d’arriérés de salaires, une gestion calamiteuse des finances publiques,…Je mets là un bémol : et si cet appauvrissement a, paradoxalement, profité au régime, qui a sorti la grosse artillerie (l’argent a coulé à flot) pour s’assurer une victoire à…mauvais compte ! C’est connu : lorsque le peuple a trop faim, il est souvent enclin à la corruption, donc corruptible. Alors, quel cynisme : affamer les citoyens pour pouvoir les acheter, les uns après les autres.
Donc, disais-je, la majorité peut avoir tort. Je pense que ces élections en sont un exemple. L’histoire du monde est truffée de nombreuses illustrations. Lorsque Galilée a dit que « la terre tournait autour du soleil », personne de l’a cru. La majorité lui a sauté dessus. Et pourtant,…De même, pour citer un exemple plus récent, ce n’est pas parce que les Suisses ont voté, à plus de 50%, contre les minarets qu’ils ont forcément raison. Je rappelle, pour terminer, que Hitler a été plébiscité en 1934 président de l'Allemagne, personne ne peut dire aujourd'hui que les Allemands ont eu raison. Attention : je ne compare pas ici les régimes politiques en tant que tels (j'aurais vraiment tort de le faire), je veux juste remettre en cause l'absurdité de cette loi de la majorité.
Les résultats de ce second tour des législatives consacre surtout le manque de crédibilité qui frappe aujourd’hui l’opposition, trop absente dans les débats nationaux et incapable de mobiliser des foules. Des circonscriptions, qui étaient pourtant à sa portée (Hambou, Bambao, Mitsamiouli pour ne citer que celles-là ) lui ont filé entre les doigts. Les fraudes et l’argent ne suffisent pas à tout expliquer. L’opposition nationale doit faire un travail d’introspection si elle veut devenir crédible aux yeux de l’opinion.
inoussa blog
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