FOMBONI (Comores) - La situation revenait progressivement à la normale mardi sur l'île comorienne de Mohéli, après l'échec des négociations politiques sur la date de la prochaine présidentielle, a constaté un correspondant de l'AFP.Les pierres, détritus en tous genres et carcasses de véhicules qui jonchaient les routes des principales localités de l'île de Mohéli ont été en partie dégagées.
Les barricades de fortune qui encombraient l'avenue principale de Fomboni, chef lieu de l'île, ont également été enlevées.
Après plusieurs jours de vives tensions, et d'affrontements sporadiques avec les forces de l'ordre, une activité presque normale a repris dans la localité, après le retour samedi de la délégation de Mohéli aux négociations qui se sont tenues dans la semaine dans la capitale comorienne Moroni.
Ces négociations portaient sur la gestion de la "période intérimaire" et la mise en place d'un calendrier électoral après l'expiration le 26 mai du mandat du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.
Malgré les efforts de la communauté internationale et de l'Union africaine (UA), les discussions ont échoué à fixer la date de l'élection présidentielle et des gouverneurs des îles.
Les habitants de Mohéli protestent contre la prolongation du mandat du président Sambi, alors que revient normalement à Mohéli le tour d'assurer la présidence de l'Union des Comores, en vertu du principe de la présidence tournante entre les îles de l'archipel (Grande Comore, Anjouan et Mohéli).
"Nous avons décidé de calmer les choses, avant d'annoncer la conduite à tenir", a déclaré à l'AFP un membre de la délégation mohélienne aux négociations, l'ancien président de l'Assemblée fédérale Bounou Dhoifir.
La volonté affichée de la médiation internationale de relancer les négociations, et l'annonce d'une prochaine réunion de l'UA sur les Comores a joué en faveur de l'apaisement, a expliqué M. Dhoifir.
Des dissensions sont également apparues au sein de la "Coordination" mohélienne, qui rassemble les principaux responsables et personnalités politiques de l'île et a annoncé la publication prochaine d'une importante déclaration, a-t-on appris de sources concordantes.
"La Coordination, c'est tout le monde, et tout ce monde sont des adversaires politiques, et tous ambitionnent le fauteuil (de la présidence de l'Union); mais tous n'ont pas les mêmes atouts, ni les mêmes intérêts", a reconnu un membre de cette Coordination, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Plusieurs drapeaux français restent par ailleurs accrochés à Fomboni, en signe de défiance envers le gouvernement de l'Union.
"Je suis préoccupé et gêné par ces drapeaux, j'ignore d'où ça vient (...), certains voudraient les banaliser, les présenter comme des actes spontanés et isolés", a commenté M. Dhoifir.
Avec près de 40.000 habitants, soit 5% de la population comorienne, Mohéli est la plus petite des îles de l'archipel, derrière Grande Comore, Anjouan, et Mayotte qui, elle, a choisi de rester française.
(©AFP / 01 juin 2010 09h19)
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