Accidents vasculaires cérébraux/ L’absence de scanner à El-Maarouf est tragique

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En juin 2019, sur 24 patients, victimes d’accidents vasculaires cérébraux « seuls » 15 ont pu se rendre au Centre d’Imagerie Médicale, structure privée située sur la route de la Corniche, à Moroni. En juillet, ce sont seulement 20 malades sur 28, qui ont pu effectuer un scanner. Et en août, 11 ont pu le faire sur 20 victimes de ladite pathologie. Sans doute, par manque de moyens financiers. Les malades, les plus pauvres d’entre nous, sont pour ainsi dire, « sacrifiés ».

Au mois de juin dernier, selon un document du service des Urgences d’El-Maarouf, il y a eu 24 cas d’accidents vasculaires cérébraux, pour 03 décès. En juillet, il y en eu 28 (presque un Avc par jour) pour 09 décès. Et le mois qui a suivi, il y en a eus 20 pour 0 décès enregistré. A noter qu’il s’agit uniquement de chiffres relatifs aux Urgences. Les victimes de cette pathologie auraient bien pu trépasser dans un autre service. Ce qui s’est sans doute passé pour au moins, un cas.

Ce même document interpelle. L’absence de scanner au sein de l’hôpital El-Maarouf est dangereuse à plus d’un titre. En juin, sur les 24 patients, « seuls » 15 ont pu se rendre au Centre d’Imagerie Médicale, structure privée située sur la route de la Corniche, à Moroni. En juillet, ce sont seulement 20 malades sur 28, qui ont pu effectuer un scanner. Et en août, 11 ont pu le faire sur 20 victimes d’accidents cérébraux.

L’on peut logiquement, sans trop de crainte de se tromper, sachant qu’avant d’administrer un traitement, il faut à tout prix identifier le type d’Avc (s’il est ischémique ou hémorragique), lequel n’est possible qu’après un scanner, conclure que si des malades se sont abstenus de le faire, c’est parce qu’ils n’en avaient pas les moyens financiers. Ce qui est un comble pour un hôpital de service public. Un scanner au centre de radiologie coûte au bas mot 65 000 francs. La population comorienne étant majoritairement pauvre malgré notre reclassement par la Banque Mondiale dans les pays dits à revenus intermédiaires, il n’est pas étonnant que beaucoup ne puissent pas le faire. Mais il est intolérable, indigne, que les plus pauvres d’entre nous, soient pour ainsi dire « sacrifiés ». Parce que dans ce genre de cas, le personnel soignant ne peut que traiter les facteurs de risque (diabète, hypertension) et pas la pathologie en elle-même.

Interrogé, le chef des Urgences d’El-Maarouf, Mohamed Djabir pense (à juste titre), que « l’Etat devrait signer une convention avec le centre d’Imagerie Médicale afin que tous les patients puissent directement s’y rendre, qu’ils en aient les moyens ou non ». En attendant, l’hôpital de 5 étages qui devrait sortir de terre d’ici quelques années. Il a en outre, rappelé que lors du tragique accident de bus de Ndzaouze, les autorités avaient pris des dispositions pour que tous les blessés puissent y effectuer un scanner.

Celui-ci a par ailleurs fait savoir que pour l’année 2012, sur 123 cas d’Avc enregistrés aux Urgences d’El-Maarouf, seulement 7 patients avaient passé une tomodensitométrie (autre nom qui désigne un examen par scanner).

Autre fait inquiétant, le service cardiologie situé à Mde, depuis la démolition d’El-Maarouf où sont gardés les patients victimes d’Avc (mais pas que) en convalescence. Un endroit lugubre, sale, dépourvu de tout, et ne répondant pas à minima aux exigences d’une structure de santé, dont (la relative) séparation des patients n’est rendue possible que par des draps étendus comme des rideaux, en fait un cache-misère qui n’occulte rien. Ce service ne serait rien d’autre qu’une ancienne bibliothèque…

Faïza Soulé Youssouf
HZK

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