Accusés d’avoir des faux diplômes, 60 agents de Comores Télécom suspendus

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Plusieurs mesures «temporaires» ont été prises par le nouveau directeur général de Comores Télécom, pour redresser la société dont la situation financière est devenue plus que préoccupante. En trois ans, l’opérateur historique aurait perdu environs «16 milliards de francs comoriens», d’après Msa Mladjao.

Un mois après sa nomination à la tête de Comores Télécom, Msa Mladjao a commencé à faire le ménage au sein de l’entreprise publique. En effet, à partir de ce mois, les milliers d’agents verront certaines indemnités diminuer. La pilule sera sans doute difficile à avaler pour le personnel de l’opérateur national des télécommunications habitué à de multiples avantages, notamment pécuniaires et de services. L’annonce a été faite la semaine dernière après une réunion du conseil de direction.»Nous devions en urgence prendre de telles mesures pour sauver la société afin qu’elle ne tombe pas en faillite. Si l’on n’avait pas réagi, la société disparaitrait d’ici l’année prochaine. A titre d’exemple, depuis 2016, on ne fait que perdre des sommes colossales d’argent. On estime à 16 milliards perdus en trois ans», a expliqué le successeur d’Archimède Ahamada dans un entretien qu’il a accordé à la presse jeudi dernier. Les nouvelles mesures d’austérité (elles vont durer cinq mois) n’épargneront personne. Tous les employés seront concernés. Du concierge jusqu’au directeur général. Indemnités de transport et salaires, entre autres, vont tous être revus à la baisse.

Indemnités de transport

Chaque agent, touchera désormais 30.000 francs comoriens au lieu de 40.000 pour l’indemnité de transport. Soit une réduction de 10.000. Avant le retour de Mgomri à la tête de l’établissement en 2016, cette allocation était fixée à 50.000. Mais ce dernier y avait ponctionné, lui aussi, 10.000 francs. Quant aux directeurs, ils ont vu leur carburant diminuer de 25%. Les indices de salaires ont été également réduits de 25%. Pour le nouveau directeur général, qui n’est pas un étranger dans cette maison, venir à la rescousse de la société nationale des télécommunications demeure un devoir pour tous ceux qui y travaillent. «La plupart d’entre eux ne connaissaient pas en réalité la situation de la maison. Raison pour laquelle, nous les avons invités pour leur faire un état des lieux. Il est clair qu’il faut que chacun fasse des concessions. Ils bénéficient tous des avantages depuis des années. Voir tout d’un coup ces derniers se réduire n’est pas facile, je le concède mais ils doivent revoir leur train de vie selon les nouvelles mesures», a-t-il ajouté. Il n’y aura plus d’avancements a annoncé le patron de l’opérateur historique des télécommunications. Des chefs de service et de certains départements sont suspendus de leurs fonctions. C’est-à-dire qu’ils redeviennent tout simplement des agents sans responsabilités. Ils seraient une cinquantaine.

Pas d’avancements

Le but de cette décision est d’amoindrir les charges financières. Le redressement planifié par l’équipe de Msa Mladjao passe aussi par l’assainissement du fichier des agents.
Le directeur a lancé une guerre contre les agents soupçonnés d’avoir été recrutés sous la base de faux diplômes. A l’issue d’une enquête lancée en collaboration avec l’Office national des examens et concours(Onec), depuis plusieurs mois, les responsables de Comores Télécoms a mis la main sur une soixantaine d’employés utilisant de «faux diplômes» présumés. C’est le baccalauréat qui serait le plus touché. Pour l’instant, la direction a suspendu tous ces contrats. Les intéressés ont été notifiés par courrier qu’ils ne sont plus des agents de Comores Télécom jusqu’à une durée indéterminée. Ils sont sommés de venir justifier ou présenter des vrais diplômes. Seront-ils poursuivis pour les salaires touchés durant toutes ces années ? Le débat reste ouvert. Une telle éventualité, en tout cas, «n’est pas à exclure», a laissé entendre le directeur de Comores Télécom.
Celui-ci a tiré la sonnette d’alarme sur la crise que traverse la maison et a appelé ses agents à multiplier les efforts, à faire preuve de discipline pour redresser la barre. Il n’a pas manqué de souligner la défaillance du service marketing de l’opérateur historique. On a appris (si ce n’est déjà fait) que l’inspection générale des Finances publiques devrait rendre son rapport d’audit interne effectué à Comores Télécoms au ministre des Finances.

Abdou Moustafa
Alwatwan

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