L’enseignement supérieur comorien : le temps d’une réforme


Visiteur|    |   1018  |  Poster commentaire  |  Racine  |  Enseignement, Université, Comores

Depuis 2003, soit plus de 10 ans, l’Université des Comores a ouvert ses portes. Des investissements sont faits par l’Etat pour promouvoir l’enseignement supérieur. Des accords de partenariats avec des universités et des centres de recherche étrangers sont signés. Les conditions nécessaires (validation des acquis, appuis financiers, etc.) sont réunies pour permettre aux enseignants titulaires de masters de préparer les doctorats – le grade universitaire le plus élevé.
Ecrire une thèse, la boucler au bout de trois ans (durée fréquemment dépassée en sciences humaines et sociales) et la défendre devant un jury nécessitent de travailler durement. Dans cette perspective, j’adresse mes sincères félicitations aux enseignants qui ont surmonté le défi de doctorat. Mes vœux de réussite se tournent également vers ceux qui se sont actuellement engagés à suivre la voie de leurs prédécesseurs.
Dans sa situation actuelle, l’université des Comores ne produit pas des Docteurs et des Professeurs. Elle a donc intérêt à ouvrir ses portes aux jeunes docteurs de retour aux pays pour valoriser leurs compétences. Mais le maintien des titulaires de licences et de masters aux postes d’enseignants chercheurs permanents depuis son ouverture leur complique la démarche pour accéder à ces fonctions. Cette situation prive aux nouveaux docteurs de préparer le post-doctorat (Habilitation à Diriger des Recherches – HDR). Hors des normes académiques, la titularisation des enseignants non qualifiés à l’université constitue aussi une surcharge budgétaire et ne contribue pas à la promotion de l’enseignement supérieur. Le niveau d’enseignement dans de nombreux départements est actuellement limité en troisième année de licence, car les ressources habilitées à diriger des masters et des thèses manquent. Des étudiants comoriens sont ainsi condamnés de mettre fin à leur cursus universitaire à défaut de moyens pour continuer à l’extérieur.
A l’heure actuelle où les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) avancent à grands pas, l’université des Comores a besoin d’un site web opérationnel. La mise en service de ce site ne relève qu’une volonté des responsables concernés de suivre les exemples des institutions partenaires (de Madagascar, de La Réunion, etc.) qui sont largement en avance dans le domaine des TIC.
Alors que les besoins en Docteurs, Maîtres de Conférences et Professeurs se confirment, fermer la porte de l’université aux élites comoriennes encourage la fuite des cerveaux, freine le développement de l’enseignement et de la recherche et discrédite l’institution en question. Espérons que l’année 2015 sera celle d’une rénovation : la culture de l’excellence et de l’égalité des chances promue par le gouverneur Anissi Chamsidine à Anjouan servira d’un modèle à suivre pour l’enseignement supérieur comorien.

Dr Nourddine MIRHANI
Géographe physicien & environnementaliste
Qualifié aux fonctions de Maître de Conférences par la CNU


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