LE SWALIHISME : L'AUTOPSIE D'UNE LUTTE " BIAISÉE "


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Chaque année, depuis 1979, les comoriens de l’intérieur et de l’extérieur de la nation, surtout en France (voire individuellement) commémorent la disparition de l’ancien président Comorien, assassiné le 29 Mai 978 ; Il fut, un penseur et un théoricien exceptionnel, un acteur du changement
radical, de la trempe de ces grands révolutionnaires d'Afrique et d'Amérique Latine, comme les : Lumumba, Nkrumah, Zapata. Amical Cabral, Sékou Touré, Simone Bolivar, Thomas Sankara, José
Marti, Sandino, Che Guevara etc.
Les uns l'appelaient Ali Swalihi, les autres le surnommaient MONGOZI.. On peut donc ajouter le nom de " Muezzin "; Il est de ce de l’histoire politique des Comores, il a la caractéristique du muezzin matinal réveillant la population pour commencer une nouvelle journée de labeur et de et
de bienfaisance. Depuis 1978, on ne lui rend pas hommage, une fois par an, encore moins tous les 10 ans, mais, toutes les semaines, tous les jours, et partout, il fait désormais partie de la mémoire collective. Il est de ces révolutionnaires qui ont tout sacrifié, leurs temps et leurs vies privés et qui ont mis leurs intelligences, sans contrepartie, au service des humbles, des opprimés, les humiliés et martyrisés de ce monde. Il fait partie de ces hommes pour qui la mémoire collective refuse ou
accepte mal leurs morts, par ce qu’ils ont tout donné à leurs peuples.
Oui ! Ils ont fait don de leurs vies (souvent trop tôt dans l’âge), et nos peuples s'en souviennent. Ils n’oublient pas ceux, tombés sous les balles de l’impérialisme, du néo-colonialisme, ces assoiffés de sang de toujours, qui ont pour missions d’empêcher le sauvetage de nos peuples. Dans ces
entreprises criminelles, ils ont reçu l’aide de leurs complices locaux, qui vendent leurs nations sans vergogne, ces valets de l’impérialisme aussi divers que variés. Mais le dit l’adage : " On ne tue jamais les idées ".
En 37 ans, tout est dit sur cet homme et cette expérience révolutionnaire, qui n'a laissé personne indifférente... Les mérites de cette révolutionnaires figurent dans nombreux ouvrages, journaux,
par exemple : Alwatany N° 323 du 12 au 18 Aout 1994, avec le titre : La Révolution Soilihiste en question ". Alwatany N° 365 du 2 au 8 Juin 1995, avec le titre : " Réhabilitation extraordinaire ". Alwatany N° 366 du 9 au 16 Juin 1995 avec les titres : Le Soilihisme une pensé rationnelle. Du discrédit à la Réhabilitation " par le frère Docteur Djaffar Mmadi. Alwatany N° 374 du 4 au 10 Août 1995, avec ce titre : " Qui est Ali Soilihi ? ", etc..etc.. Ici je vais (et très modestement) comme tous les 29 mai, parlé (à titre personnel) encore une fois de ce grand révolutionnaire.. Et aujourd'hui, n'est que la 1ere partie d'une série d'articles, dans lesquels, certaines vérités doivent êtres dites, à l'attention du grand public. Et ayant vécu des années durant de l'intérieur, donc témoin (voire acteur), je ne laisserai pas le soin à personne pour parler à ma place.... LA VÉRITÉ EST AUSSI RÉVOLUTIONNAIRE.
Pour revenir sur Mongozi et les autres martyres révolutionnaires. Ce n’est pas en défendant des intérêts personnels qu’ils sont tombés sous les balles des prédateurs néocoloniaux et de l’impérialisme, mais plutôt ceux des opprimés, les exclus de la société. C’est pour cette raison que la mort d’un révolutionnaire n'est jamais une défaite. Pourvu que d'autres patriotes, d’autres révolutionnaires, surgissent. Ceci a été résumé à très juste titre par Pierre Mulele : " Les luttes, les manifestations font partie de la démocratie et dans une lutte Révolutionnaire, qu'importe les plans qu'on établit, ce sont les Circonstances qui dictent les événements. Les vrais Révolutionnaires ne se contentent pas de pleurer leurs morts. Ils ramassent les armes et continuent la Lutte pour la LIBERTÉ, le Droit, et la démocratie". On sait que les révolutions ne sont pas toujours ou presque jamais mûres, et prévues scientifiquement dans les détails. Elles
sont faites des passions, des improvisations de femmes et d'hommes dans leurs luttes pour les revendications sociales, elles ne sont jamais parfaites, elles ne sont pas le fruit de baguette magique un d'un processus mécanique. Pourquoi et à très juste titre, Napoléon disait : " La
révolution doit apprendre à ne pas prévoir " . Ce qui est vrai pour tout révolutionnaire.
D’une certaine manière dans une vraie révolution, " on triomphe ou on meurt " (Le CHE).. Comme lui, le Mongozi fut irréductible, et il est parti le 29 Mai 1978, à l'âge de 45 ans, en nous laissant en héritage et patrimoine politique. Ce mercredi 29 Mai 1978, il est devenu à la fois, martyre et héros. Devenu comme ces hommes révolutionnaires de part le monde, qui ont accompli leur destin en pleine conscience. Il n'a certainement pas réussi ? A-t-il eut le temps ? Mais il a eu le mérite, avant de partir, de nous avoir montré ou se trouvent les vrais problèmes du pays et les vrais ennemis de notre peuple. Non seulement il fut un révolutionnaire hors pair, révolution a duré 33 mois, et toutes les générations confondues s’accordent à dire y compris ses ennemis et assassins que : " Il fut le seul homme politique des Comores qui a vraiment aimé son pays et son peuple, et qui a voulu le libérer de ses tares, de la misère, de toutes formes de dominations pour créer un comorien nouveau. " Et depuis 37 ans, personne n'a fait mieux, sinon le contraire.
Depuis 37 ans, tout est dit et écrit, sur Ali Soilihi. Ses ennemis de tous les temps, l’attribuent tous les noms d'oiseaux, ils le qualifient de sanguinaire, le considèrent comme un dictateur, et j'en passe, ils doivent aujourd’hui se mordent la langue. Le peuple reconnait aujourd'hui que cet homme a
voulu le sortir de l'ornière. " Le choix en politique n'est pas entre le bien et le mal, mais beaucoup plus entre le préférable et le détestable " disait Aron. Ces détracteurs doivent savoir, que pour conquérir quelque chose, il faut bien l'enlever à quelqu'un. Que pour libérer un individu, citoyen
humilié et martyrisé, il faut en éliminer au minimum 3 ou 4, parmi les oppresseurs. " Dans l'activité révolutionnaire, le changement de soi-même coïncide avec la transformation des conditions " disait Karl Max. Mongozi l'a bien compris. Le martyr Ali Soilihi, a très bien compris que l'histoire marche avec les deux pieds : Celui de la LIBERTÉ et celui de la NÉCESSITÉ. Que l'Histoire est maîtresse de la VIE. En si peu de temps à
la direction du pays, il en a fait la démonstration. Preuve qu’il fut un homme habité par une cause : celle du bien être de son peuple, avec comme souci de l'équilibre entre le risque et la sécurité.
Le Mongozi Ali Soilihi, a commencé à appliquer ce qu'avait dit ce grand de la révolution du 20em siècle, (Che Guevara) qui avait en résumé dit à juste titre ceci: " l'homme aliéné est relié à la société par un cordon ombilical invisible qui s’explique dans la théorie de la valeur. Elle domine
tous les aspects de sa vie, modelant son chemin et sa destiné". Dans une société égoïste régie par la loi de la jungle, ou seul l'échec des autres permet la réussite. L’essence de la loi de la jungle, fait des animaux les plus forts, des prédateurs vivant en dévorant les autres. C’est exactement le cas de la société aux Comores. " Une société qui accule ses membres à des solutions de désespoir, est une société non viable, une société à remplacer " disait en substance Franz Fanon. Depuis plus 37 ans,
et pire, ces dernières années, le peuple Comorien vit en plein désespoirs. Ali Swalih était préoccupé par la prospérité du comorien nouveau. Une prospérité qui ne s’évalue pas en nombre de villas construites et la quantité de 4X4 possédées, et encore moins en nombre de kilos de viandes consommées, dont c’est souvent le fruit de l'argent volé au peuple. Il a voulu pour chaque Comorien, la richesse humaine. Malheureusement depuis plus de 37 Ans, aux Comores, le cynisme
politique triomphe haut la main, avec les vautours et prédateurs à visage humaine. Un révolutionnaire honnête et guidé par les grands principes d’attachement au peuple, doit combattre cela. Il est impossible d'imaginer un révolutionnaire authentique sans cette vertu.
L’expérience révolutionnaire d’Ali Swalih est aussi inachevée que l’est l’indépendance des Comores.. Bien qu’elle fut l’œuvre d’une génération , cette expérience ne saurait et ne doit être la propriété privée d’un clan ou un groupe social quelconque. Certes, cette expérience révolutionnaire appartient à une génération, incarné par le Mongozi. Et Ali Soilihi n'a pas
désigné un héritier ou nommé des évêques, des députés, des Papes ou des Imams pour parler à son nom et au nom de cette révolution... C'était une révolution, propriété de tout un Peuple :" Ye Siyasa ya Ufwakuzi Kayina Mwuigni. Yo Hama Dzitso lamadji "etc.... Qu'on se le dise....
Aujourd'hui c'est beaucoup plus une génération qui n'a pas connue cette période, encore moins Mongozi, qui défende cette pensé politique (à ne pas confondre avec un régime, qui à pris fin le 13 mai 1978).... Les personnes ici ou là, qui ont pris part, ou proches de Mongozi ne sont
pas génétiquement, (si j'ose dire), les détenteurs du Swalihisme. Certains en sont mêmes devenus les ennemis de cette pensé, pour ne pas dire des lâches, et des traîtres ; Ou peut être étaient-ils en hibernation jusqu'à en 1990 : " sur le chemin de la trahison, il n'y a que le fleuve de la honte
à traverser " disait Mitterrand. Aux Comores, de Mai 1978 à janvier 1990, le peuple n'a jamais entendu parler du Swalihisme, Autrement dit, avoir participé à un régime du reste populaire ne procure pas forcément un brevet du Swalihisme. Si c’était le cas, ça se saurait ! Par définition
l'histoire c'est à la fois le passé, mais aussi le présent lié organiquement ensemble pour ne former qu’un tout cohérent.
Le message de Mongozi appartient au peuple et non pas à une oligarchie politique, des pires espèces de l'opportunisme, ou club des amis, ayant été acteur de la révolution. Ce message parle à toutes les générations. Voilà pourquoi il y’a pléthore d’ouvrages, d’articles et débats, sur cet
homme et sa pensé politique. Par ce que son message politique avait pour objectif d'éduquer le comorien, pour être complet, et on ne peut être complet, que si on n’est libre. Liberté qui des fois revêt la couleur du sang et des sacrifices. " la squelette de notre liberté est prêt, Il ne lui
manque que la chair et les vêtements " disait l'autre.
LES OPPORTUNISTES : Je résume ce que le guide (Ali Swalihi) avait parlé au sujet des opportunistes, lors, du conseil élargi du 21 Août 1976 : " L'opportuniste est celui qui au fond de lui-même, a l'idéologie de la bourgeoisie et parce qu'il est ambitieux, alors, il travail avec les
partisans de la démocratie populaire. Comme sa vision n'est pas authentique, chaque fois qu'il y a une étape, il hésite. Il est donc en contradiction à la fois avec son idéologie de droite, mais comme déchet, il est indésirable. L'opportuniste est une forme très dangereuse de combat
politique, à une phase donnée. Au moment où les révolutionnaires réfléchissent et décident, l'opportuniste est d'accord, mais lorsque nous allons appliquer, chacun dans son coin, il appliquera, mais dans le sens de la droite, ou, alors, il n'appliquera pas. Et puis inévitablement
arrive l'étape ou les révolutionnaires et l'opportuniste se séparent, et ce dernier se lamente, en disant que son ami de lutte l'a abandonné, ce sont les étapes révolutionnaires qui l'ont jeté dans la fosse, parce qu'il est toujours resté entre 2 voies, c'est l'histoire qui l'a au tournant " etc..etc..
Retenez bien cette analyse pour la suite... C'est très important....
Le guide et clairvoyant (Mongozi) a connu une vie (politique) très courte et pressée, mais bien remplie, une vie toute entière consacrée au bien être de son peuple. Walter Benjamin à écrit dans sa thèse sur le concept d’histoire en 1940 que: " c'est la mémoire des Ancêtres vaincus et
martyrisés qui inspire le combat présent des classes opprimés". Je suis tenté de renvoyer le public à l’écoute ou la réécoute d’un de des discours d’Ali Swalih : " ye daula ya Farantsa ndo aadui wahanda wahe le Twayifa la Komor " (L’État Français est le 1er ennemis du Peuple Comorien).
Et à la lumière de des propos de Camus en 1943 : " A énergie égale, la
vérité triomphe sur le mensonge ", Malgré ce qu'on veut nous faire croire, la vérité de la parole du Mongozi est là ; ici comme ailleurs, a parole, ses objectifs politiques, en très grande majorité sont d'actualité à ce jour. Il avait su rendre la fierté au peuple Comorien. Ce qui nous force à méditer ces mots du révolutionnaire cubain José Marti : " S'il y a des hommes sans honneur, il y a aussi des hommes qui portent en eux, l'honneur de beaucoup d'Hommes. Des hommes qui portent en eux, l'honneur de beaucoup d'hommes " disait le révolutionnaire cubain, José Marti. Et Ali Swalihi fait partie de ces hommes, qui portent l'honneur.
Depuis sa disparition à ce jour, on a tenté de nous prouver dans un but bien intéressée, qu'un mensonge pouvait prendre la couleur du vrai. Pendant ces 5 dernières années, notamment à cette période pré-campagne, les mensonges, le machiavélisme politique ont atteint un stade jamais égalé dans notre histoire. Pour revenir au pouvoir, et refaire la même chose, nous assistons à des meetings, des actions médiatiques des ex-présidents et ministres, des rassemblements " spectaculaires " qui s'apparentent à la tactique où l'on exhibe " ses forces " pour se prouver à soi-même et aux autres qu'on n'a le peuple avec soi. Mais le vrai combat
politique doit se proposer, non pas d'infantiliser les citoyens, mais plutôt de les rendre adultes, responsables et les respecter. Faire en sorte que le peuple retrouve sa dignité et sa liberté pour qu’il soit un peuple réellement souverain. Comme l'a fait Mongozi, un gouvernement qui se déclare national doit assumer l'ensemble de la NATION, et surtout sa composante la plus importante pour l’avenir c'est-à-dire sa jeunesse, " qui en est son fer de lance ",. Depuis 37 ans les marchands de rêves (mabahazazi wa siyasa), les politicards (mercenaires politiques) aux Comores, face au peuple, procèdent comme les dentistes, en injectant dans les mâchoires ce produit qui se nomme NOVOCAÏNE (Anesthésiant). Vous saignez de la bouche, mais vous êtes calme, vous souffrez en toute vraisemblance en paix. Et c'est précisément, cette façon de faire la politique du pire et anesthésiante qui prévaut dans le pays. Et en ce moment, un candidat excelle dans cet exercice... De Garrincha il est devenu un dentiste... Mais, là, n'est pas le sujet.
Donc, et encore une fois je rends un vibrant hommage à cet Homme, qui fut un géant de la pensé politique dans notre pays. Hommage aux femmes et aux hommes qui prônent et luttent pour que cet idéal ne meure pas... Oui ! Comme certains, Ali Swalihi fut un homme d'idéal qui
est devenu à sa mort, un modèle pour l'actuelle et la future génération. Ses bourreaux n'avaient pas compris qu'en l'assassinat sauvagement, ils l'ont rendu immortel... Depuis 37 ans, depuis son assassinat, le peuple comorien constate et vérifie, que la vie est un combat de tous les jours.
Par ce que depuis 37 ans, les objectifs politiques des gouvernants sont dirigés contre le même peuple.
Je suis un simple militant qui parle de ce grand homme, et je n’ai pas eu l'honneur et le plaisir de connaitre de près ce géant. Un militant qui essaie de défendre cette pensé politique (et non pas le régime dont rien ne me lie). C’est pour cela que je demande votre indulgence, pour toutes les erreurs et carences, que vous pourriez constater. Ces propos n'engagent que son auteur de ce écrit, moi-même. Les prochains articles prendrons très en bref ! quelques thèmes, et le cursus des combats politiques vécus durant 28 ans (à l'intérieur des diverses organisations et partis politiques Soilihistes) pour défendre cet idéal. Ne ratez pas la suite Incha Allah. (A suivre)..
Marseille le lundi 25 Mai 2015.
Salim Ahamada.
Ouvrier Routier...


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