Idi Boina entre une détention « illégale » et un état de santé alarmant

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Les avocats d’Idi Boina ont tenu une conférence de presse samedi dernier pour parler de l’illégalité de la détention mais aussi de la « dégradation » de l’état de santé de leur client. Malgré une ordonnance d’hospitalisation émise par le juge d’instruction avec avis favorable du procureur de la République, Idi Boina est toujours en détention.

En détention depuis le 11 février dernier, les avocats d’Idi Boina étaient encore une fois devant la presse pour lancer un cri d’alarme sur la détention prolongée de leur client. Plus de 7 mois en détention provisoire, Idi Boina n’a eu toujours pas un procès et l’opinion publique ne sait toujours pas aussi de quoi on l’accuse. « On est inquiet quant à la détention de notre client car depuis son placement en mandat de dépôt on ne sait pas ce qu’on lui reproche. En plus, les procédures ne sont pas respectées. En gros, une détention illégale », déclare Me Fahardine Mohamed.

Dans son intervention, l’avocat a montré que dans ce dossier, les textes ne s’appliquent pas mais c’est l’aspect politique qui a pris le dessus. « Idi Boina a passé plus de 4 mois à la Maison d’arrêt et sa détention continue sans une prolongation de la part du juge. Une entorse à la loi. On a fait une demande de mise en liberté, elle a été rejetée », déplore-t-il, avant d’ajouter que « après avoir dépassé le délai légal de 4 mois de détention provisoire, celle-ci devient purement illégale ». Jusqu’aujourd’hui, les avocats estiment qu’il n’y a pas un texte qui justifie la détention d’Idi Boina. « Il y’a eu une audition au fond le 13 mai dernier. Et depuis plus rien. Même un appel à témoin », dit-il. « Les personnes arrêtées dans le cadre du dossier du gendarme à la main coupée, sont toutes libres sauf Idi Boina. Est-ce qu’il ne fait pas partie », s’interroge l’avocat.

En dehors de la détention « illégale », l’état de santé d’Idi Boina ne cesse de se dégrader. Selon ses avocats, ce dernier souffre d’une hernie discale et d’une hypertension. Après avoir demandé plusieurs fois une ordonnance du juge pour son hospitalisation, un avis favorable a été donné le 05 aout dernier mais le gardien en chef a refusé d’exécuter l’ordonnance. « L’état de santé de notre client est préoccupant. Si on ne le laisse pas se soigner, il risque de gros ennuis, étant hypertendu », prévient Me Abdillah M’madi, avant d’ajouter que « malgré l’obtention d’une ordonnance d’hospitalisation, le gardien en chef refuse de l’exécuter. Et là, on vient nous dire que les droits des détenus sont respectés ».

Depuis 7 mois de détention, Idi Boina est consulté par le médecin de la Maison d’arrêt. Et la seule fois qu’il était hospitalisé, il était kidnappé selon ses avocats. « Idi Boina était admis à la clinique d’Issa Soulé le 20 mai dernier. Et le 21 mai, des éléments de la GIPN (police nationale) l’ont sorti de force avec l’accord du gardien en chef en lui enlevant ses perfusions sur le champ. Du jamais vu ! », regrette-t-il. Du côté de la région de Mbadjini, des cadres demandent sa libération pure et simple, convaincus qu’il n’a rien fait de répréhensible. « Ce qu’on fait à Idi Boina dépasse l’entendement. Plus de 7 mois de détention et on ne sait pas de quoi on lui reproche », conclut l’ancien ministre Said Soilih Buce.

Mohamed Youssouf / HZK

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