La crise énergétique s’intensifie en période électorale

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La crise récurrente de l’énergie aux Comores perdure et s’invite dans le processus électoral en cours dans le pays. Le dimanche 24 mars, journée électorale de double scrutin présidentiel et gouvernatorial, le dépouillement des opérations de vote se fera à la lueur de bougies et autres lampes à pétrole dans les régions périphériques du pays.

Sur neuf générateurs d’une puissance cumulée de 18 mégawatts installés à Voidjou, la principale centrale de la Société nationale d’électricité des Comores (Sonelec) sur l’île de la Grande-Comore, trois seulement sont en état de marche. Le reste du parc est à l’arrêt pour des problèmes de dépassements des heures de révisions techniques. Les centrales annexes d’Anjouan et de Mohéli vivent les mêmes problèmes techniques au détriment d’usagers de l’électricité du réseau public.

Dans la capitale Moroni, les habitants, les administrations, les petites industries et les commerces renouent avec les délestages quotidiens. L’économie prend un sacré coup, notamment avec la rupture de la chaîne du froid chez les distributeurs de produits carnés et autres denrées alimentaires et le ralentissement des activités des petites unités de transformation.

Les treize candidats à l’élection du président de la République et les prétendants aux gouvernorats des îles respectives animent leurs meetings de campagne à l’aide de groupes électrogènes de secours et même dans les zones rarement fournies en électricité pour éviter les éventuelles coupures.

La crise énergétique est chronique aux Comores depuis plus de deux décennies. Le pays a inauguré des cycles de pénuries d’électricité en 1996 et, depuis, les gouvernements successifs dans ce micro-Etat de moins d’un million d’habitants n’apportent que des palliatifs à la crise.

Depuis 2002, la société nationale d’électricité recourt, souvent avec le concours des partenaires étrangers, à des groupes électrogènes de secours conteneurisés en lieu et place de véritables générateurs de centrales électriques capables d’alimenter un pays.

La politique énergétique nationale des Comores prévoit toutefois une migration vers une énergie mixte thermique et renouvelable accessible à un coût moindre pour la population. Une convention de financement pour la construction, à hauteur de 41 millions de dollars, d’une centrale à fuel lourd a été signée, en 2013, entre l’établissement bancaire indien Exim Bank et le gouvernement Comorien, mais le chantier prend du retard. La réhabilitation de petites centrales hydroélectriques, notamment dans les îles d’Anjouan et Mohéli, et l’implantation de centrales photovoltaïques sont également prévues.

Une étude effectuée en 2014 a révélé que les Comores avaient le potentiel nécessaire pour générer 30 à 50 MW d’électricité, à partir de l’énergie géothermique de son volcan. Mais le projet d’exploitation de la géothermie reste encore à ce stade d’études bien qu’un premier financement, grâce à la Nouvelle-Zélande et au Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), ait permis d’identifier la zone de forage du volcan pour installer la centrale électrique.

Xinhua

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