Fatima Mlatamou perd subitement l'usage de sa parole


Par , le dans l'actualité comorienne
Fatima Mlatamou perd subitement l'usage de sa parole Quand la perte de la parole devient une valeur morale pour sauver sa famille. Pour éviter le déchirement de sa famille, Fatima Mlatamou perd subitement l'usage de sa parole pour éviter le déchirement de sa famille au bled. On dit souvent que la famille est quelque chose de très précieuse. Et pourtant, certaines d'entre nous n'hésitent pas à mettre la leur en quarantaine ou la bannir sous la colère, suite à une déception ou à des mauvais comportements de la part de leurs parents, leurs frères ou sœurs.
Tant disque que d'autres préfèrent perdre l'usage de la parole et faire la sourde d'oreille pour manifester leur colère et éviter ainsi le déchirement de celle-ci.

C'est le cas notamment de Fatima Mlatamou, originaire de la ville de Mlimani-Mtsanga, au sud-est de la Grande -Comore, qui a choisi la voie de la sagesse. A l'instar de toutes les femmes comoriennes expatriées, elle-aussi caressait le rêve de construire un jour une villa dans son village natal. Cette jeune femme d'une quarantaine d'années s'est installée en région Parisienne, depuis une quinzaine d'années. Elle trimait dur, allait de petit boulot en petit boulot pour théoriser afin de réaliser son projet aux Comores. Malgré les conditions de température hivernale souvent difficiles, elle allait travailler tout le jour pendant l'hiver dans une entreprise de nettoyage. Au bout de quelques années de labeur, de sacrifice, elle est parvenue à amasser une petite somme d'argent non- négligeable au moyen de la tontine. Elle retourna ensuite au pays pour lancer les travaux de la fondation de sa maison tant rêvée! "C'était un moment de satisfaction et suffisamment riche en émotions familiales" disait-elle. Elle ne pouvait mieux rêver de toute sa vie.

Après son retour en France, elle enchaîna le rythme du travail pour travailler plus pour gagner plus. La désillusion familiale Soudain, son rêve s'est écroulé du jour au lendemain comme un jeu de château de cartes à cause de la Malhonnêteté de sa famille. En effet, deux ans après la fondation de sa maison, elle a appris que les travaux n'avancent toujours pas, ni les murs de briques ni les poutres. Et pourtant, elle envoyait une somme d'argent astronomique à sa famille chaque mois pour faire les travaux de la maison en question. Ayant déjà reçu l'argent, la famille au bled ne s'était pas pleinement investi dans les travaux de la maison de leur fille. Elle passa outre en faisant un mauvais usage de l'argent en question. La famille en a fait quoi de cet argent? C'est le grand mystère! N'ayant pas été au courant de la supercherie orchestrée par sa famille, Fatima Mlatamou se prépare pour aller passer ses vacances aux Comores auprès de sa famille, l'occasion aussi, selon elle, de finir sa maison.

L'été arriva, et comme convenu, Fatima a débarqué à l'aéroport PSI de Hahaya. Ses frères et sœurs étaient venus pour l'accueillir. Dès qu'elle les a aperçus, elle ne pouvait pas se douter un seul instant que quelque chose se tramait. A bord du véhicule qui les conduit à la maison, personne ne prononce un mot. C'est le silence radio. Quelques minutes plutard, ils arrivèrent au village. Elle constata de ses propres yeux que les travaux n'ont pas été réalisés avant sa venue. Pire encore, sa maison était toujours restée au stade de la fondation. Traumatisée par ce qu'elle venait de voir, Fatima Mlatamou était prise d'une terrible panique ; ne sachant pas quoi dire, ni quoi faire, elle s'est repliée sur elle-même. Elle n'osait pas demander des comptes à sa famille. Subitement, elle perd l'usage de la parole et se réfugie dans un mutisme total, tout au long de son séjour aux Comores. Elle s'est lancée dans l'usage de la langue des signes qu'elle ne connait pas d'ailleurs. Désormais, elle était devenue aphone ; plus un mot ne sort de sa bouche, même pour un simple bonjour. La nouvelle s'est rependue vite dans le village : alwa alwa fatima mlatamou haringwa yemakalima pvaytsohudja ! Les gens n'ont cessé d'aller lui rendre visite, "la pauvre " disaient-ils! Une situation qui a ému tout un village. Dans sa situation, elle a décidé de ne pas relancer les travaux car le choc était énorme. Elle dormait avec son porte -feuille attaché autour de sa hanche. Elle ne fait plus confiance à personne.
Elle retourna en France après un séjour d'un mois aux Comores. Mais avant d'embarquer à l'aéroport de Hahaya, elle était entrain de faire ses formalités quand soudain un événement s'est produit. Au moment où elle s'apprêtait à rentrer en salle d'attente, elle a retrouvé subitement l'usage de la parole et c'était l'euphorie pour sa famille venue lui dire au revoir.
Au bout de quelques mois, sa mère commençait à se culpabiliser et à se poser plein des questions sur le comportement qu'ils ont eu vis -à-vis de leur fille. Ils ont compris que par le comportement égoïste, ils sont parvenus à toucher la sensibilité de Fatima au plus profond d'elle même. Ce qui a fait qu'elle a perdu confiance en eux.
Et, quelques temps après, sa mère lui téléphona pour lui présenter ses excuses : « bonjours ma fille ! Je t'e présente toutes mes excuses » ! Mais qu'y va-t-il maman ? Demanda Fatima. La mère qui était visiblement gênée est restée sans réponse au bout de quelques secondes. « Au fait je voudrais aussi t'annoncer que nous avons bien relancé les travaux de ta maison et maintenant tu peux revenir faire les finitions qui restent», a poursuivi sa maman. "Mais maman où avez-vous trouvé l'argent pour acheter tous les matériaux de constructions" lui demanda sa fille avec une certaine appréhension avant d'ajouter " Auriez-vous fait un crédit "? "T'inquiète ma fille ! c'est de l'argent issu de mes petits mkarakara( petites affaires commerciales)", a conclu sa maman.
Maxime à en retenir Moralité, cette maman a compris que l'abus de confiance que venait de faire subir à sa fille allait certainement l'éloigner. D'ailleurs la fille était sur le point de rompre définitivement le lien familial. C'est pourquoi sa maman, bref toute la famille a décidé de réparer leurs erreurs, celles d'avoir voulu escroquer leur propre fille et sœur qui d'ailleurs ne travaille que pour eux, comme la plupart des Comoriens à l'étranger. Vous êtes des milliers à être désabusés par vous frères, sœurs, mères ou péres, ne vous disputez pas. N'envoyez pas vos proches en prisons. Essayer de trouver une voie sage comme celle de Fatima Mlatamou pour le bien être de la famille. Cette fille est courageuse et elle mérite tout le bonheur du monde. À suivre.