Des tortues massacrées à Mayotte dans des plages protégées pour leurs viandes


Par , le dans l'actualité comorienne
Des tortues massacrées à Mayotte dans des plages protégées pour leurs viandes Mayotte accueille principalement des tortues vertes (Chelonia mydas) en danger d'extinction selon la Liste Rouge des espèces menacées. Et pour cause : en plus d'être des victimes collatérales de la pêche et des déchets qui s'accumulent dans les océans, elles sont braconnées pour leurs oeufs et leur chair.

"Les tortues marines menacées et protégées reviennent sur la plage de leur naissance pour y pondre leurs oeufs. Elles sont alors des proies faciles pour les braconniers qui les attendent armés de machettes. Après leur avoir coupé les nageoires et la tête, ils ouvrent la carapace et récupèrent la viande qui se vend jusqu'à 40 euros le kilo au marché noir," explique l'association de défense des animaux marins, Sea Sheperd qui vient de lancer une nouvelle campagne sur place - l'opération Nyamba - et accuse le laxisme de l'Etat français : "trop peu de gardes, souvent absents au poste, les plages les plus dangereuses ont carrément été interdites d'accès de nuit en raison de la présence de braconniers. Autrement dit, les tortues sont complètement abandonnées à leur triste sort."

En effet, si Mayotte accueille une réserve marine protégée de 68,381 km² à la biodiversité exceptionnelle, celle-ci est en "péril, faute de moyens et de volonté de contrôle et de protection" dénonce Sea Sheperd qui révèle sa découverte édifiante sur les plages "protégées de Charifou 1 et 2.

Officiellement, plus de 230 tortues marines ont été braconnées à Mayotte en 2016 et près de 300 en 2015 d'après le REMMAT qui précise dans un communiqué que : « le recensement entrepris tout au long de l'année par le réseau ne reflète que la partie visible du braconnage, révélée par les traces et ossements laissés sur les plages : il n'est qu'une sous-estimation du nombre réel d'actes de braconnage sur Mayotte ». D'après les estimations de Sea Shepherd, "le chiffre réel est plus proche du millier de tortues tuées".