« Amir Abdou doit se montrer patriote et accepter une réduction de son salaire»


Par , le dans l'actualité comorienne
« Amir Abdou doit se montrer patriote et accepter une réduction de son salaire» Le départ ou le maintien du sélectionneur national, Amir Abdou, à la tête des Cœlacanthes suscite un flot d'encre et de salive. Aux Comores et ailleurs, l'hypothèse alimente les places publiques et enflamme les débats. Avant de s'envoler pour la Métropole, Amir Abdou s'était entretenu avec le patron de la Fédération de Football des Comores, Saïd Ali Saïd Athoumani, en présence du manager Ben Amir Saandi. Saïd Ali a tenu à dissiper le doute en conférence de presse, tenue à Moroni, hier mardi 4 décembre.

Seule ombre au tableau : « <em>Amir Abdou a remis unilatéralement en cause un compromis, pourtant partagé conjointement. Il était convenu de prolonger son contrat jusqu'en mars prochain. Mais, le lendemain, il nous a soumis une revalorisation de son contrat [salaire, primes, durée, ndlr], par le biais du manager. En tout cas, la négociation n'est pas rompue», explique Saïd Ali. Financièrement, la Fifa accompagne la Ffc à hauteur de 19 millions pour le développement du football. Elle a accordé également à la Ffc 3 millions, dont un pour la restauration du terrain de Mitsamiouli et deux, pour divers projets.

La subvention versée aux fédérations nationales de football par la Fifa est affectée à des programmes bien précis. Nous ne sommes pas autorisés à affecter sur un autre projet une partie de la somme. Que ce soit clair a coupé court le conférencier. Il enchaîne : « Permettez-moi d'éviter les détails. Nous sommes en pleine négociation. Les exigences d'Amir sont en étude. Soyons patients. Si un terrain d'entente se dégage, nous vous livrerons les informations nécessaires</em> ».

Actuellement, le sport en général, et le football en particulier, constitue un ciment pour l'Archipel aux îles de la Lune. Depuis l'arrivée d'Amir Abdou à la tête des Cœlacanthes, les cœurs des milliers des Comoriens, de l’intérieur et de la diaspora, et d'autres sympathisants de nationalités étrangères, vibrent autour du ballon rond comorien. La Ffc est-elle en contact avec d’autres coaches ? Le conférencier bondit : « Je reconnais qu'Amir a laissé un bilan réconfortant. Mais, les Cœlacanthes ne sont pas les seules préoccupations de la fédération. On était endetté de 140.000 euros. Ne marginalisons pas le football des jeunes, le football féminin, la formation des cadres techniques [arbitres, entraîneurs, ndlr], etc. Il n'est pas écrit qu'Amir va rester là cette place jusqu'à la retraite. Chamitet, Camara étaient là avant lui. Je ne suis pas le seul à décider du sort d'un coach national. Le comité exécutif aussi a des appréciations à avancer. Ce qui est sûr, c'est que sans partenaire stable, il est difficile de prendre une résolution hâtive. Comme je le disais, on était sur un terrain d'entente, Amir Abdou a changé de position le lendemain. C'est son droit. Mais, la fédération aussi a le sien

L'assistance s'interroge si la fédération cache un plan (B), car le départ d'Amir pourrait démobiliser l'équipe entière. Le patron de la Ffc tient un langage apaisant : « Ce dossier est brûlant. En pourparlers, personne ne peut obliger l'autre à se soumettre à ses idées. J'ai des comptes à rendre. J'agis en mon âme et conscience. Je défendrai ma position. Dans le football, il y a des règles à respecter. Les joueurs ne choisissent pas le coach. Actuellement, il existe probablement des équipes sans coach et/ou des entraîneurs sans clubs qui tendent les oreilles pour savoir le sort d'Amir Abdou. Soyez sereins. Le plan (B) viendra de lui-même

En conclusion, notre interlocuteur annonce : « Les Cœlacanthes focalisent l'attention de tout un monde, ici et ailleurs. Notre souhait, c'est de collaborer avec Amir et son staff pour l’intérêt du football comorien. Notre préoccupation, c'est la qualification à la phase nationale. Agissons ensemble pour l'essor des Cœlacanthes ».

Bm Gondet