Les douaniers s’incrustent de plus en plus au pouvoir


Par , le dans l'actualité comorienne
Les douaniers s’incrustent de plus en plus au pouvoir Décidément., depuis quelques années, les douaniers s’accaparent de plus en plus des postes électifs du pays, surtout ceux de l’ile autonome de Ngazidja. En 2010, c’est un douanier présenté par un parti politique dirigé par un douanier, qui a été élu gouverneur de l’ile autonome de Ngazidja. Il s’est vite entouré d’un exécutif dominé par ses anciens collègues de travail de la douane. Lors des élections législatives de cette année, plusieurs candidats présentés par les partis politiques Juwa, RDC, CRC… dans les circonscriptions de Moroni, de Bambao yadju, Bambayo yamboini, de hambou …sont des douaniers…. D’autres douaniers se sont porté candidats aux élections des conseillers des iles et des conseillers communaux. Et c’est un douanier qui a été élu Président du Conseil de l’île autonome de Ngazidja le 25 mars 2015. Ce samedi 28 mars 2015, c’est autour de la Mairie de la capitale des Comores, Moroni, d’être conquise par « cette pieuvre qui étend ses tentacules ». Un ancien Directeur Général des douanes, président du parti Orange, Mohamed Daoud a été « désigné selon la tradition du parti orange » Maire de Moroni, par les conseillers communaux de son parti et par tous les chefs des quartiers de Moroni désignés par le Ministre de l’intérieur issu de son parti, à la veille du scrutin. Un autre douanier élu député de la circonscription de Moroni Nord, Ibrahim Mohamed Soulé, Secrétaire général du parti Juwa, vise lui le perchoir de l’Assemblée de l’Union des Comores.

Un peu d’histoire. Le 31 juillet 2010, les responsables du parti politique « Orange » nouvellement créé avaient organisé une conférence de presse au restaurant « le select » à Moroni, pour annoncer la candidature du douanier, Mouigni Baraka Said Soilihi à l’élection du gouverneur de l'île autonome de Ngazidja, des mois de novembre et décembre 2010. Le candidat, futur gouverneur de l’ile autonome de Ngazidja, était entouré lors de cette conférence de presse, par le Directeur Général des Douanes de l’époque, Mohamed Daoud et d?un ancien Directeur Général des Douanes, Raoul Delapeyre. Au cours de cette conférence, plusieurs questions des journalistes ont porté essentiellement sur la gestion des fonds de la douane, ce qui a agacé les intervenants notamment le Directeur Général de la Douane de l’époque et actuel « Maire de Moroni ». Il s’était déclaré à l’époque déçu par les questions posées par les journalistes et avait interpelé les journalistes à faire de l’investigation pour étayer leurs accusations sur les corruptions au niveau de la douane. Car selon lui, la douane comorienne est un service bien géré et a réfuté toutes les accusations de corruption. Mais, est-il nécessaire de faire de l’investigation pour comprendre que le niveau de vie que mène les douaniers de ce pays et les biens mobiliers et immobiliers qu’ils disposent ne sont pas issus de leurs revenus réguliers ? L’argent dilapidé par le parti orange depuis sa création et qui a permis l’élection de l’actuel gouverneur de l’ile de Ngazidja, de plusieurs députés et conseillers en 2010, la présentation de plusieurs candidats et listes dans presque toutes les circonscriptions et communes du pays en 2015 provient il des fonds de ce parti qui ne bénéficie d’aucune subvention publique ?

Les douaniers peuvent toujours nier l’existence de la fraude et de la corruption au niveau de leurs services, mais la corruption à la douane est une triste réalité qui mine l’économie de ce pays. Les douaniers doivent savoir que lorsque l’on évoque la corruption à la douane, c’est qu’il existe des corrompus et des corrupteurs et ces derniers, ce sont toutes les couches de la population qui fréquentent tous les jours les services de la douane. Tout le monde dispose de son propre histoire et de ses anecdotes portant sur les versements de sommes d’argent, les rémunérations occultes accordés à des fonctionnaires en contrepartie de la délivrance d’autorisation d’exonération ou de passe-droits divers. La corruption actuelle des douanes, se déroule en amont des opérations douanières. On ne prend plus l’argent dans la caisse comme auparavant puisque les services sont informatisés.

Ainsi, nos douaniers s’incrustent de plus en plus au pouvoir, pour mieux se protéger et perpétuer leurs mauvaises habitudes acquises dans l’exercice leur fonction. La gestion chaotique de l’ile autonome de Ngazidja démontre que ces douaniers devenus élus, n’ont pas perdu leurs mauvaises habitudes et cherchent le pouvoir non pas pour améliorer les conditions de vie de la population, mais plutôt pour mieux s’enrichir sur le dos des pauvres contribuables comoriens.