Processus électoral: Les observateurs internationaux (UA, COMESA et EASF) déplorent des élections dans un climat de tensions

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« Les missions déplorent les incidents observés qui n’ont pas permis aux électeurs de sortir massivement pour exercer leur droit civique dans la sérénité ». Les dysfonctionnements, l’interruption des opérations de dépouillement dans les différents bureaux de vote, la collecte et le transfert des urnes par les éléments des forces de l’ordre auraient affecté le bon déroulement des opérations de vote, de dépouillement et l’ensemble du scrutin selon elles. Les missions appellent tout un chacun à jouer son rôle pour préserver la paix, la stabilité et la cohésion sociale dans l’archipel.

 

Vingt-quatre heures après le déroulement des élections, très contestées, du Président de l’Union et des Gouverneurs des iles, la mission d’observation internationale composée de l’Union Africaine, du COMESA et des Forces en Attente de l’Afrique de l’Est (EASF) ont publié leur déclaration. Conduite par son Excellence Monsieur Patrice Emery Troavoada, la mission a précisé en conclusion de leur déclaration que « les élections présidentielles et des gouverneurs du 24 mars 2019 se sont déroulées dans un climat de tensions résultant du peu de consensus au sein de la classe politique qui perdurent depuis le référendum constitutionnel de juillet 2018 ».

« Les missions déplorent les incidents observés qui n’ont pas permis aux électeurs de sortir massivement pour exercer leur droit civique dans la sérénité », lit-on dans ladite déclaration. Selon la mission, les dysfonctionnements, l’interruption des opérations de dépouillement dans les différents bureau de vote, la collecte et le transfert des urnes par les éléments des forces de l’ordre auraient affecté le bon déroulement des opérations de vote, de dépouillement et l’ensemble du scrutin. « Cette situation empêche les missions d’observation de se prononcer de façon objective sur la transparence et la crédibilité du scrutin du 24 mars 2019 », lit-on dans la même déclaration.

Bien que réfuté par le régime par le billais du ministre en charge des Elections, la mission d’observation conjointe de l’UA, le COMESA et l’EASF a fait état d’émeutes qui ont lieu à Anjouan dans la journée du scrutin. Par la voix de Patrice Emery Troavoada, chef de la délégation, la mission déplore que de tels faits se soient produits dans l’archipel. En effet, le COMESA, l’EASF et l’UA « appellent toutes les parties prenantes et les candidats à la retenue étant donné que le processus électoral est encore en cours ».

Ces derniers recommandent au gouvernement de voir la manière de pouvoir mettre en place un cadre de concertation pour créer et consolider un climat de paix et de stabilité, à privilégier l’approche inclusive et consensuelle dans l’adoption et l’application des reformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales.

Les organisations panafricaines sollicitent aux acteurs politiques d’œuvrer à la consolidation de la paix, de privilégier le dialogue et la concertation tout au long du processus et au peuple comorien de se mobiliser ‘’sans retenue’’ autour de la préservation de cette paix qui est le gage de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

Techniquement, les missions d’observation électorale (MOE) a souligné des retards d’ouverture dans certains bureaux de vote qui, selon elles, aurait causé des heurtes dans différentes localités. Pour cette échéance anticipée du 24 mars dernier, les MOE ont noté une implication importante de la femme dans les activités électorales bien que sa « participation politique reste résiduelle ». « Les missions de d’observation électorale ont accompli leurs missions. Il revient à la Ceni et au peuple comorien de prendre le destin du pays en main en préservant la paix et la stabilité dans le respect de la démocratie », conclut le chef de la délégation des MOE.

A.O Yazid
HZK

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