Production agricole : La pomme-de-terre a généré plus de cent millions de francs chez les agriculteurs de Ndzuani

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Avec une expérience avérée de plus de 10 ans de promotion de l’agro-écologie, Dahari soutient aujourd’hui, entre autres, la production de la pomme-de-terre. Elle forme les producteurs et productrices aux techniques agro-écologiques et suit les démarches relatives à la commande et la réception des semences. L’Ong comorienne, créée en 2013 en prenant le relais du projet Ecdd, intervient dans cinq domaines clés : le développement rural, la gestion des ressources naturelles terrestres et marines, la conservation de la biodiversité et l’écotourisme. Elle a débuté à Ndzuani et est en train d’étendre, dans les autres îles, sa mission de façonner des paysages durables et productifs avec les communautés.

Plus de cent millions de francs comoriens est le chiffre d’affaire total réalisé par l’ensemble des producteurs de pomme-de-terre de l’île de Ndzuani pour le compte de la campagne de 2018. Ce gain est généré par plus de 200 tonnes de pomme-de-terre issues des semences distribuées par Dahari l’année dernière. L’Ong avait mis un accent particulier sur la campagne de cette culture très convoitée par les producteurs de Ndzuani de par ses rendements. Dans sa note de presse publiée début juillet dernier, Dahari a indiqué que près de 16 tonnes de semences de pomme-de-terre ont été, à cet effet, commandées par les producteurs avec son soutien, à raison de 800 francs comoriens le kilo. C’est ainsi que la variété Rosanna aurait envahi les étals, pour le plus grand bonheur des consommateurs et des producteurs qui ont réalisé des énormes bénéfices.

Un marché avantageux à 1000 Kmf/kg

Outre l’appui financier de l’Union européenne, partenaire de l’Ong, Dahari a suivi les démarches relatives à la commande et à la réception des semences, mais aussi fourni un appui technique aux producteurs et productrices de pomme-de-terre de Ndzuani. En tout, 130 travailleurs de la terre, dont 36 femmes, ont été initiés aux techniques agro-écologiques, notamment la préparation des semences, celle de la parcelle, la plantation, l’entretien d’une culture de pomme-de-terre, la récolte et enfin sa commercialisation. Pendant que les agriculteurs suivis par Dahari ont pu mettre sur le marché près de 150 tonnes de pomme-de-terre qui leur ont apportés plus de 84 millions de francs, selon toujours le communiqué de l’Ong, la récolte des 28% de semences vendus à des producteurs individuels a permis de franchir la barre des 100.000.000 de francs de chiffre d’affaire. Il est rapporté que faute de moyens, une agricultrice d’Adda n’a pu se procurer que 5 kg de semence et pourtant «la récolte a été bonne. Au total, j’en ai obtenu 70 kg et vendu 61 kg. Le prix était intéressant sur le marché au moment où j’ai vendu, car je faisais partie des premiers producteurs et productrices qui ont récolté la pomme de terre fin août», se réjouissait-elle.
Le prix d’un kilogramme de Rosanna à 1000 Kmf, le marché était à son avantage.

Risque d’influence des habitudes alimentaires

A Ndzuani ces derniers mois, il a été impossible de passer à côté de sa peau rosée sur les marchés, souligne-t-on, mais la pomme-de-terre Rosanna était également apparue dans les étals à Ngazidja où trois commerçants, dont deux producteurs de Dahari, ont saisi l’opportunité pour commercialiser le produit. Selon Dahari, plus de 10 tonnes y ont été transférées et vendues. Force est de constater que dans cet élan, la pomme-de-terre pourrait bien influer sur les habitudes alimentaires quotidiennes du Comorien. L’histoire de Rosanna à Ndzuani est née d’un constat de l’Ong Dahari qui accompagne le secteur agricole censé offrir les produits alimentaires à la population comorienne mais dont leur majorité doit être importée. Pour la première fois en 2015, Dahari avait importé et distribué des semences de pomme-de-terre, puis à nouveau en 2016. Fort de cette expérience, le secteur de développement rural de l’Ong a décidé de renouveler l’opération en 2018.

A en croire la note d’information de Dahari, la mise en place des ouvrages de maîtrise d’eau a contribué à cette performance pour la pomme-de-terre, notamment à Adda. Elle a aussi permis le développement du maraîchage de contre-saison pour apporter plus de revenus aux producteurs et productrices. C’est ainsi que 50 à 60 producteurs ont recyclé leurs semences de pomme-de-terre, repris la plantation pour cette période de contre-saison et que plusieurs d’entre eux ont commencé à vendre, et ce, en attendant la prochaine campagne de 2019.

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